Le point de couture sur épissure

Le matelotage est tellement facile avec les matériaux modernes en polyéthylène haute performance genre Dyneema ou Dynalight! Voici un tutoriel qui explique et montre comment faire la couture qui termine l’épissure. C’est rarement expliqué correctement dans tout ce que j’ai pu voir ou lire jusqu’à présent. Voici un extrait du tutoriel d’Ino-Rope : Point de couture sur épissure:

Si l’épissure est bien proportionnée, le blocage de la jonction est nécessaire uniquement lorsque le cordage n’est plus sous tension, c’est-à-dire lorsqu’il n’y a plus d’effet de constriction. Inutile de vous donner bonne conscience en ficelant énergiquement votre épissure dans le corset rigide et sévère d’une grosse surliure. Un simple point de couture suffit à maintenir une épissure hors charge. Facile, rapide à réaliser et discret, le point de couture a tout pour plaire ! Julien Barnet, notre couturier en chef, vous explique comment procéder sur un loop et vous donne quelques conseils avisés pour un piqué parfait :

 

Annapolis-Bermuda 2002

Un petit retour en arrière. Je viens d’accepter la demande de l’organisateur (Bermuda Ocean Race) d’utiliser les vidéos de la course Annapolis-Bermuda 2002 de Chantecler en projection lors des événements sociaux de la course 2016. Le principal auteur de ces vidéos est Santiago, watch captain, à la barre de Chantecler sur cette photo avec Bertrand à sa droite.

1/11 Premier jour de course

Vendredi 7 juin 2002. Descente de la Baie de la Chesapeake juste après le départ:

2/11 Deuxième jour de course

Samedi 8 juin 2002. Sortie de la Baie de la Chesapeake. Santiago est notre cinéaste-narrateur (coupé par Youtube à cause du copyright de la musique):

3/11 Troisième jour de course

Dimanche 9 juin 2002. La nuit à été difficile lorsque nous avons abordé le Gulf Stream avec plus de 25 kn de vent dans le nez et contre le courant. Mer chaotique de plus de 3 m. Les vagues passent au dessus du roof et aspergent l’intérieur de la cabine malgré le capot et la descente fermés. Je doit fermer l’ordinateur de navigation. Le bateau bouge comme un bouchon et le mal de mer frappe fort. Santiago, Larry et Bertand restent valides et compensent remarquablement. On leur doit notre bon résultat final:

4/11 Quatrième jour de course

Lundi 10 juin 2002. Le vent commence à faiblir et on passe au grand spi de 110 m2. On double deux bateaux loin sur bâbord. Grosse alerte lorsque l’on se rend compte que les batteries ne chargent plus lorsque l’on fait tourner le moteur pour les charger. On ouvre le capot moteur et constate qu’un boulon maintenant la courroie de l’alternateur tendue a sauté. On bricole une réparation de fortune et je décide de charger les batteries à une vitesse moteur plus forte pour éviter les vibrations inutiles. Cela marche parfaitement et on passe moins de temps à recharger les batteries.

5/11 Cinquième partie

Mardi 11 juin 2002. Un peu de vent

6/11 Sixième partie

La dernière ligne droite. On rattrape et bataille avec Silver Bullet, un plus gros bateau. On finit devant eux au petit matin et on prend tout seul notre temps de passage, Pas de bateau officiel. On pénètre dans la passe et on arrive au St George’s Dinghy and Sports Club avec les gros bateaux de la course qui sont arrivés avant nous. Nous sommes avec deux autres J105 les plus petits bateaux de la course. Les équipages arrivés juste avant nous nous ovationnent et on comprend que nous sommes premiers au classement scratch (temps réel) de notre division! On aborde à la place de quai que l’on nous désigne. On est groggy de fatigue et de plaisir. Il est cinq heures du matin mais deux hôtesses viennent immédiatement nous offrir des punchs des Bermudes.

7/11 Septième partie

La coupe du classement scratch de notre division est pour nous! Mais pour le classement au temps compensé nous sommes derrière deux autres bateaux arrivés moins d’une heure après nous.

8/11 Huitième partie

Voici comment on changeait nos voiles à l’avant. On courrait selon les règles PHRF et donc on avait un inventaire de voiles important.

9/11 Neuvième partie

Diaporama

10/11 Dixième partie

Diaporama. A terre aux Bermudes

11/11 Onzième partie

Et finalement, diaporama sur le convoyage du retour Bermuda-Annapolis. Voyage affreux! Il y avait un front stationnaire bloqué juste au dessus du GulfStream à traverser. On ne pouvait pas rester plus longtemps à attendre aux Bermudes. On a passé trois jours et trois nuits dans un orage permanent avec d’énormes cumulus et des éclairs partout autour de nous.

Mon ressenti sur l’Open 500

Bom dia

Merci pour votre réponse rapide et précise. Sinon, j’aimerai avoir de votre part, un ressenti un peu personnel sur l’open 5.00

Habitué aux skiffs et Catamarans de sport, puis-je espérer retrouver quelques sensations de vitesse sur ce bateau , ne voulant quand même pas sacrifier un peu d’adrénaline à toute la sécurité que semble offrir l’Open 5.00

Enfin, le comportement de ce bateau est il plus proche d’un dériveur sportif que d’un quillard léger.

Voilà, je pense en avoir fini avec mes questions et vous remercie une fois de plus d’y prêter attention .

Cordialement

Jean-Christophe

Jean-Christophe,

Grâce à Michel et mes amis du pôle Open 500 du YC Toulon, j’ai eu le privilège de profiter de six jours de navigation sur l’Open 500 avant d’en acheter un, sur lequel je n’ai encore jamais navigué. Mon achat était surtout un coup de cœur raisonné et mon ressenti à ce jour est donc encore très limité, d’autant plus que les conditions de mer et de vent étaient de calme à médium avec rafales. Je n’ai pas testé l’Open 500 dans des conditions plus musclées.

Cela étant dit, J’ai fait du trimaran de sport (Weta) et du cata (Classe A) pour lesquels j’ai aimé cette sensation de vitesse, le corps bas sur l’eau, que je n’ai pas retrouvé sur l’Open 500, faute de vent sans doute. Par contre, ce que j’ai échangé bien volontiers c’est l’inconfort de la stabilité décroissante avec la gîte pour le confort de savoir et de sentir que plus le bateau gîte et plus les forces stabilisantes augmentent par rapport aux forces déstabilisantes. J’ai fait de la course au large avec mon J105 et savoir que l’on est à plus de deux jours de voile d’un abri conduit à en faire encore plus pour éviter une baignade forcée. C’est cette sensation de stabilité croissante que j’ai avant tout cherché en revenant au quillard en passant par le dériveur lesté (Albatros).

Le dériveur sportif moderne, skiff, et le cata de sport vont plus vite que le vent en allégeant à l’extrême la masse statique et en plaçant dynamiquement la masse mobile (l’équipage) au bon endroit pour pouvoir porter plus de toile. L’Open 500 a également besoin du rappel de son équipage pour contrebalancer sa toile, mais dans une moindre mesure et avec un degré moindre d’urgence. Il est plus lourd et donc ses accélérations sont moins vives mais lorsque la survente commence à coucher brutalement le bateau sous spi il faut pour corriger que l’équipage donne un coup de rein bien coordonné avec les pieds dans les sangles tout en choquant les écoutes et en corrigeant à la barre. Sa bonne largeur ajoutée au décentrement de la carène à la gîte donne à l’équipage un grand bras de levier pour rendre efficace ce coup de rein.

L’adrénaline peut aussi s’obtenir en voile avec n’importe quel bateau à partir de 15 nœuds de vent, un peu plus pour les bateaux sous-toilés et un peu moins pour les sur-toilés. Selon mon tableau de comparaison, l’Open 500 a 71 m2 de toile par tonne au près et 154 au portant. Il serait sur-toilé si l’équipage ne pouvait pas faire un rappel très efficace.

Mais quand on parle de sensations, le mieux n’est-il pas de les ressentir soit-même? Rien ne vaut un ou plusieurs essais pour juger soit-même avant d’acheter. L’année dernière j’avais sur le papier identifié le Devoti D-One comme ayant tout ce que l’Albatros aurait dû avoir pour un navigateur solo. J’ai eu de longues discussions sur le forum français du D-One mais lorsque je suis allé en essayer un sur le lac de Ste Croix, je me suis immédiatement rendu compte que son instabilité statique demandait une agilité et une vivacité corporelle qui me faisait de plus en plus défaut.

Jaffar

Questions sur l’Open 500

Bonjour Jaffar.

Je viens de prendre connaissance de votre blog sur la voile légère et je vous remercie de consacrer un peu de votre temps pour faire partager votre passion.

Je me présente, Jean-Christophe, prochaine victime de la soixantaine et amateur de voile légère, depuis mes premiers pas en Bretagne à Carnac. J’habite depuis bientôt 7 ans à Vilamoura, en Algarve au sud du Portugal ou je partage la plupart de mes journées entre mes 3 petits bateaux et quelques zones de trial dans la Serra toute proche. Je possède donc, un B14 pour des sorties un peu trop extrêmes, un Tornado pour naviguer à vite à plat et un RS100 quand mes équipiers sont occupés ailleurs.

Je souhaite me séparer du B14 pour acheter un Open 5.00 qui correspond plus au programme de navigation d’un vieil homme et surtout, pour la sécurité en mer, inexistante ici hors période estivale.

Je suis actuellement en période de négociations avec 2 bateaux à vendre sur le site de l’association, le FRA 081 et FRA 096.

Le prix sont en forte baisse mais, après consultation du forum, j’ai quelques doutes sur la fiabilité du système mécanique de quille et des roulements de remorque, devant faire au moins 2000 KM pour descendre un bateau.

Je me demande aussi si l’emploi d’une remorque de mise à l’eau facilite les manœuvres sur cale ou si la remorque de route est suffisante sachant que le bateau ne roulera jamais sur le sable.

Je vous joins quelques photos du plan d’eau à Vilamoura avec les petits bateaux, y compris un embarquement express sur un 420 lors de la régate du Carnaval la semaine dernière. http://www.cimav.org/noticias_detalhe.php?id=83

Dans l’attente de vous lire

Bonne réception

Cumprimentos do Algarve

Jean-Christophe

Merci pour ton intérêt dans mon blog. Je ne connais pas encore l’Open 500 aussi bien que mes bateaux précédents, mais je vais essayer de répondre pour le mieux. Il se trouve que j’ai failli acheter FRA 081 l’été dernier. J’ai reculé mon achat pour me donner le temps de mieux connaitre l’Open 500 grâce à Michel et mes amis du YC Toulon et de trouver une solution pour son parking à Hyères. Yves, son propriétaire, est un ancien camarade de promotion que j’ai retrouvé à l’occasion de l’essai en mer de son bateau avec lui-même, son fils et son petit-fils. Le bateau est en excellent état pour son âge, ayant peu navigué, mais je voulais des voiles plus proches du neuf pour être compétitif en régates de classe. Tu poses trois questions dont deux spécifiques à l’Open 500.

  • Fiabilité de la mécanique de quille. Ce système serait une des raisons pour lesquelles Hobie ne cherche pas à promouvoir le bateau, non pas parce qu’il ne marche pas mais parce qu’il est couteux à produire. Sur l’eau j’ai trouvé qu’il fonctionnait bien et que pouvoir rentrer complètement la quille pour beacher ou remettre le bateau sur sa remorque était un énorme avantage. Par contre c’est long, fatigant (!) et fastidieux de tirer sur cette boucle sans fin pour faire ces manœuvres de quille. Je comprends que le mécanisme peut s’endommager dans deux cas: (a) un talonnage de la quille qui pousse brutalement la vis sans fin vers l’avant – le parcours compliqué de la boucle sans fin qui sert à monter ou descendre la quille est fait pour permettre un certain mouvement de la vis sans fin vers l’avant, mais au-delà d’une certaine limite, cette boucle force la poulie ajourée de la tête de la vis sans fin de suivre une trajectoire circulaire et non plus rectiligne et cela fait un mal plus ou moins grand à ce mécanisme et conduit à son remplacement par le chantier; (b) lorsque le bateau est retourné sur sa remorque de route, la quille est maintenue en position haute par le mécanisme. avant de partir il faut veiller à faire redescendre légèrement la quille pour que son poids repose sur la barre transversale de la remorque au lieu de mettre à mal les paliers du mécanisme par un gros effort mécanique permanent; cela est encore plus important lorsque l’on doit prendre la route à cause des chocs et chaos divers. Le FRA 081 a un mécanisme complètement remis à neuf par le chantier récemment, ce qui est un point positif.
  • Fiabilité des roulements de la remorque de route. C’est vrai que c’est un point faible de cette remorque car il faut mettre ces roulements dans l’eau de mer lors d’un lancement. Il faut bien rincer ces roulements après le retour du bateau. Mais, malgré ces rinçages il faut aussi prévoir de remplacer ces roulements régulièrement bien qu’ils soient censés être étanches. Dans ton cas, il faut poser les bonnes questions aux vendeurs et si ces roulements commencent à donner le moindre signe de faiblesse, les changer préventivement avant de faire tes 2000 km. C’est une opération relativement facile et peu couteuse qui peut se faire avec le bateau sur la remorque.
  • Chariot de misalo. Effectivement, l’utilisation d’un chariot spécifique de mise à l’eau est une excellente solution pour préserver les roulements de la remorque de route des dommages de l’eau de mer. Il faut trouver la place de stocker cette remorque de route et ensuite, au moment de prendre la route, mettre la misalo dans le cockpit du bateau car la remorque de route n’a pas été conçue pour accueillir le bateau sur la misalo. Je n’ai jamais vu cette misalo spécifique à l’Open 500, qui ne semble pas très répandue. Les Open 500 du YC Toulon sont mis à l’eau à partir de la remorque de route. Ces bateaux restent donc à terre sur la remorque de route qui est bien adaptée à cet usage. L’avantage du chariot de misalo est d’être un peu plus léger et un peu plus bas pour les manipulations à terre et de préserver les roulements de la remorque de route du contact avec l’eau.

J’espère que l’on pourra bientôt te souhaiter la bienvenue dans la classe. Si tu passes essayer ou prendre FRA 081, fait moi signe avant, il y a de fortes chances que je soit dans le voisinage.

Images de mer

Images collectées sur Facebook le 9 février 2016

Le vent se lève !… Il faut tenter de vivre !
L’air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs !
Envolez-vous, pages tout éblouies !
Rompez, vagues ! Rompez d’eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs !

Paul Valéry – Le cimetière marin – 1920