Bye bye Albatros 008

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J’ai rapporté l’Albatros 008 à TousSurL’Eau. Je passe maintenant à l’Open 5.00 Sol Ace qui figure sur le nouvel en-tête de mon blog. Je tourne la page et retourne à la voile solo sous spi, que l’Albatros ne me permettait pas de faire.

La route de Hyères à Jouy-en-Jossas a été longue et, dans sa première moitié, pénible contre un fort mistral. J’avais passé de longues heures à bien arrimer tout le matériel dans la coque et sur la remorque de route. Seul un film étirable de protection du mât s’est détaché sous le fort vent et je m’en suis rendu compte en observant l’ombre du mât sur la route! Ce n’est que la deuxième fois que je bouge ce bateau sur une bonne distance mais je confirme que l’ensemble remorque + bateau est très agréable à tracter à 120 km/h même avec des rafales de vent de 80 km/h. C’est la consommation inhabituelle de ma 3008 HY4 qui m’a fait lever le pied dans la première partie du trajet. L’aspect paisible de cet attelage est presque dangereux car j’ai failli oublier la hauteur de 2,50 m du bout avant du mât (l’élévation du mât au dessus de la voiture n’est pas réglable avec cette remorque) au premier péage. Il faut prendre les voies PL aux péages.

Finot va remettre le bateau au niveau des autres unités de la production actuelle et se charger de sa vente en occasion. Si vous êtes intéressés, contactez Jean-Marie Finot ou Jung Han.

Visite au Nautic 2015

Hier, je suis allé au Nautic 2015. Tout d’abord un choc, il y a beaucoup moins d’exposants et de visiteurs que les années précédentes. La cafétéria est assez vide, les vendeurs de nourriture et snacks ont peu de consommateurs, les fabricants de piscine sont cette année dans le hall principal et, malgré cela, il y a encore de grands espaces vides visiblement comblés à la dernière minute.

Open 5.00 au Nautic
Open 5.00 au Nautic

L’un de ces espaces est, pour mon grand bonheur, comblé par l’Open 5.00 n°49 monté sur sa remorque attelée à une Jeep. J’y vais directement ayant été alerté à son sujet par un message de Fred sur le forum de l’Open 5.00.

Fignolage au Dremel
Fignolage au Dremel

La GV et le foc, toute neuves ou presque, sont de la toute dernière production avec le nouveau timbre. Le spi n’y est pas et le Cunningham n’est pas monté mais presque tous les bouts, drisses et écoutes sont neuves et bien matelotées avec de belles épissures.

Matelotage
Matelotage

La coque et la remorque n’ont été que très sommairement lavées et cela choque un peu à l’examen détaillé.

Je prend quelques photos et  j’ai une longue discussion avec Pierre-Jean Gallo, le gérant de Paris-Voile et excellent marin sur de nombreux supports dont l’Open 5.00 et le 505. Il m’explique très clairement la genèse et les vicissitudes de l’Open 5.00 et les challenges que la classe doit maintenant affronter, y compris la nécessaire affiliation à la FFVoile. C’est limpide.

Visite du stand Albatros et longue discussion cordiale avec Jung. Il m’explique que la production française de Sotira a repris avec un positionnement plus précis des éléments au moment du collage, un chemisage acier intérieur du puits de dérive,  des plaques de renfort intérieur pour rigidifier le pont sous les deux sabots de mât et mettre des renvois de cadènes dignes de ce nom pour assurer pour les quatre cadènes une meilleure transmission des charges vers la structure et prévenir les arrachements.

Contrairement à ce que Michel Orlinsky m’avait dit en 2014, la production polonaise de l’Albatros s’est finalement faite avec les même matériaux que la production française et donc comporte bien des renforts en carbone. La longueur du mât et la surface de voile sont inchangés depuis le début de la production en série et les informations différentes qui figurent dans le pdf officiel de mise en main de l’Albatros sont une erreur. Le dessin coté qui y figure est celui des prototypes. Je ne savais pas que les prototypes avaient eu un mât plus long et 20% de surface de voile en plus par rapport à ce qui a finalement été adopté en production. Si cela avait été publié je n’aurait pas mal-interprété l’erreur du pdf. La transparence a quand même du bien, non?

Le dessin des nouvelles têtes de quille a été changé pour obtenir un plus grand bras de levier avec le palan de relevage et pour, enfin, pouvoir coincer la quille en position basse et empêcher qu’elle se replie sur la coque en cas de dessalage suivi d’un chapeautage. De plus, il y a maintenant une nouvelle petite GV école sans corne ni bôme et avec un point d’écoute arrière vers une pantoire.

En somme on a maintenant enfin corrigé beaucoup d’erreurs initiales de construction mais les acheteurs des premiers bateaux, les essuyeurs de plâtre, doivent-ils pour autant être laissés pour compte?

Finot reconnait ..

Finot a publié un communiqué aujourd’hui le 7 octobre 2015. Il reconnait certaines choses. Voici le communiqué et mes commentaires:

Albatros

Saison 2015 – Prévisions 2016

En 2014 et 2015 un certain nombre d’Albatros ont navigué. Les navigateurs ont tous été enchantés par la marche de l’Albatros. Par contre, un certain nombre de bateaux ont eu un problème d’étanchéité.

Combien d’Albatros ont été achetés et naviguent? C’est un mystère, ce chiffre n’est publié nulle part. J’aimerais bien savoir où sont tous ces acheteurs « enchantés par la marche de l’Albatros » car je n’ai pas réussi à en identifier un seul!

J’ai effectivement eu un problème d’étanchéité dans mon unité n° 008 que j’ai bien documenté en son temps. Il s’agissait d’un trou percé dans la paroi interne du puits de dérive par un support d’axe de dérive trop faible par rapport aux efforts en jeux. Finot m’a envoyé le nécessaire pour réparer moi-même et j’ai compris que l’ingénierie du bateau avait été modifiée début 2015 pour éviter ce problème dans la production 2015. D’autres problèmes sont apparus et ont été corrigés, tels que ces cadènes arrachées.

Je rappelle en passant que le problème d’étanchéité est aggravé par le fait qu’il est très difficile de faire sortir l’eau qui a pénétré par un trou dans le puits de dérive!

Nous avons dû annuler ou retarder quelques livraisons

C’est bien de le reconnaitre mais rien n’est dit sur les bateaux antérieurs défectueux. J’ai demandé à Finot de m’aider à faire reprendre mon bateau pour acheter un Open 500, qui est le bateau précédent de Finot. Je n’ai pas eu l’honneur de recevoir une réponse à ma demande.

Pour satisfaire le marché de la Pologne et de l’Europe de l’Est, nous avons passé une licence de fabrication en Pologne. En attendant de résoudre tous les problèmes de fiabilité, pour répondre aux commandes qui ne pouvaient être honorées pour des bateaux français, nous avons acheté quelques bateaux en Pologne qui donnent satisfaction.

Pour la saison 2016, le fabricant français Sotira prend tous les moyens possibles pour résoudre les problèmes : analyses, tests, évolution du process.

Bref, la ligne de production française Sotira n’est plus opérationnelle jusqu’à nouvel ordre. Ce n’est pas étonnant que Sotira ait eu autant de problèmes car Sotira n’avait aucune expérience navale antérieure. Sotira est en train de découvrir un nouveau métier au frais de qui?

Maintenant, contrairement aux informations initialement données par Michel Orlinsky, il semble que les bateaux construits en Pologne le sont avec les mêmes matériaux et suivant le même procédé que celui employé par Sotira.

J’ai donc beaucoup de questions et je n’ai pas trouvé d’éléments de réponse ni dans les publications Finot (en fait seulement une page web et une page Facebook) ni ailleurs.

Nous devons donc faire évoluer les prix : le coût de la mise en œuvre reste au même prix; les matériaux (carbone, résine) et fournitures augmentent (voiles, accastillage) en particulier à cause de la hausse du dollar
Au départ, nous espérions que les clients puissent mettre en route, seuls, les Albatros. Il s’est avéré nécessaire de prévoir dans le prix, un budget pour les essais, pour la mise en main des bateaux.
Nous avons également intégré le transport jusqu’au lieu de livraison du bateau, proche de l’utilisateur final.

Parallèlement se met en place des clubs qui sont prêts à accueillir des nouveaux membres avec des Albatros 
des points de vente et de diffusion qui apportent des services ( essais, mises en main, suivi, SAV).

Albatros standard 1bateau blanc (compris *Gv et *Foc) 10 950 € ttc

En clair, on s’améliore mais cela nous coûte.

Contrôler la dérive baladeuse

Je commence à avoir espoir à enfin pouvoir contrôler cette dérive baladeuse. Cela a été dur mais je commence à voir la lumière au bout du tunnel!

Je m’étais d’abord concentré sur bloquer le bras arrière de la tête de la dérive. Cela me paraissait la première chose à tenter car facilement à portée de main du marin solo. J’ai pensé à de nombreuses solutions plus ou moins compliquées mais aucune n’a été facile à mettre en œuvre. Ensuite lors de ma récente (et rare) sortie en double avec ma fille, j’ai constaté que c’était le bord d’attaque (avant) de la dérive qui bougeait le plus en amplitude et en violence lorsque la dérive changeait brutalement de position d’équilibre d’un bord à l’autre puis retour. Il vaut mieux donc bloquer l’arête avant que le bord de fuite. Ensuite il y a eu le dessin très parlant du site « Maritime Identify » que j’ai déjà publié qui montre un centre de rotation très en arrière et j’ai vérifié que c’était effectivement bien le cas avec l’Albatros.

Hier, j’ai pris avec moi plusieurs moyens pour caler cette dérive selon le principe de la « savate » que Jung m’a dit devoir utiliser sur son Wizz et bingo!

2015-08-12_18-11-04_AW120_0345_resize

Il y avait 10-12 kn de vent de SO (brise thermique habituelle) mais avec un chop de surface plutôt chaotique avec tout le trafic autour du port. J’ai tout d’abord essayé de contrôler la dérive en la relevant mais même si elle bougeait moins c’était encore bien instable. Ensuite j’ai essayé de bloquer la partie avant de la dérive avec tout d’abord la grande plaque en EVA jaune mais elle était trop large pour passer. Ensuite je suis passé à l’anneau creux en caoutchouc (venant d’un jeux de piscine pour enfants) et cela a très bien marché. Le bateau a arrêté de faire ses larges embardées déstabilisantes. C’était le jour et la nuit!

J’ai ensuite croisé un Seascape 18 sous spi avec quatre personnes à bord. J’ai fait demi-tour et au vent de travers avec foc je suis resté dans leur sillage.

L’Albatros n’est donc pas un désastre absolu mais franchement je ne peut pas comprendre pourquoi un architecte qui a l’expérience d’un bateau précédent avec une dérive trop ballotante, puisse se permettre de mettre sur le marché ce qui sont essentiellement des prototypes construits en série. C’est à vous, Monsieur Finot, de faire tous ces ajustements et mises au point avant la vente et non pas à vos clients après la vente!

On m’écrit: Phil

Le 08/08/2015, Phil a écrit :
Bonjour,

Je me permet de vous adresser ce mail car je suis intéressé par l'achat d'un Albatros et vous me faites l'impression d'être en quelque sorte " promoteur " de la série:j'aurais aimé obtenir quelques infos sur ce bateau ( connaître les délais de livraison, savoir s'il existait déjà en France une association qui projetait d'organiser des régates, l'essayer etc..) 

J'ai envoyé deux mails restés sans réponse à l'adresse albatros@finot.com et supposant que cette adresse n'était pas appropriée j'ai adressé le même message à albatrossailing.fr,en retour j'ai reçu une réponse type qui mentionnait qu'on me recontacterais, il y a une semaine de cela ....et plus rien depuis !!!

Je suis pour le moins réservé quant au manque de suivi au niveau commercial.

Avez-vous un filon à me donner pour obtenir ces fameux renseignements.

Ah oui,j'oubliais l'essentiel, je suis en Belgique et ils ne m'accordent peut-être que peu d'intérêt pour cette raison. 😏😏

Merci de votre judicieux avis.

Phil

Le 7 août 2015, Jaffar Voile Légère  a écrit :

Philippe, bonjour

J’ai effectivement démarré en 2014 une page web et un forum d’acheteur enthousiaste sur l’Albatros 4,30 Finot. J’ai été un des premiers à l’obtenir (le n° 08 maintenant re-nommé Lemon 008) et j’ai rapidement déchanté devant tous les aspects inintelligents, mal intégrés et mal finis du bateau. Finot n’a pas aidé en refusant le dialogue avec ses acheteurs et en refusant de reconnaitre des erreurs ingénierie au niveau de la quille et de la souplesse du plancher sous les deux sabots de mât. J’avais acheté le bateau essentiellement pour faire du spi solo en ayant cru comprendre qu’un avaleur de spi était en développement. Je constate aujourd’hui que le bateau est bien plus mauvais en solo qu’en double et qu’il demande un gros effort de perfectionnement pour compenser sa conception simpliste et non ergonomique. J’ai maintenant mis en vente mon bateau vieux d’un an mais les acheteurs ne se précipitent pas à ce prix.

Finot a lancé cette opération avec de très petits moyens humains et la communication n’est pas son fort. Ses coordonnées sont sur sa page web http://www.albatrossailing.fr/dyn/ et il y a aussi quelques infos sur sa page facebook https://www.facebook.com/AlbatrosFinot?fref=ts. Son mail perso est xxx et son téléphone professionnel est 01 39 46 20 02

Un des tous premiers acheteurs est belge, sa page facebook est https://www.facebook.com/wilvanlonden. Les acheteurs français ne sont pas mieux lotis à ma connaissance. Finot ne répond plus à mes mails depuis plusieurs mois.

Si vous pensez utiliser l’Albatros en double c’est un bateau lent mais a peu près correct. Il a une multitude de petits détails mal pensés (tel que la grande difficulté à faire sortir l’eau entrée dans la coque par le puits de dérive) mais sa carène est bonne. Cependant je recommande fortement de ne pas l’acheter avant de l’avoir essayé dans les vagues et par vent irrégulier. Dans ces conditions sa dérive pivotante soit-disant auto ajustable fait de larges mouvements brusques (20-25°) assez déconcertants et il est nécessaire de la remonter sensiblement pour réduire ces mouvements désagréables. Vous obtenez en prime un petit jet d’eau au milieu de votre coque! Sa bôme à fourche est aussi un monument rétro et il faut aimer.

Finot est tout sauf transparent mais il semble qu’il soit en train de faire bouger la production de la coque vers la Pologne. Le constructeur français qu’il avait choisi n’avait aucune expérience préliminaire avec la production de bateaux! C’était un fabricant de pièces détachées plastiques pour voitures! Quels changements ont été introduits avec le changement de constructeur? grand mystère! La barre d’accastillage est toujours très mal placée au fond du cockpit et il y a toujours trop peu de place pour que le barreur puisse passer confortablement derrière l’écoute de GV, sous la bôme si basse et devant la barre du gouvernail qui n’est pas ajustable en hauteur.

En espérant avoir répondu à vos questions

N’hésitez pas à me contacter à nouveau pour plus d’éclaircissements

Cordialement

Jaffar

PS la date de votre mail semble bien en avance!


Le 08/08/2015, Phil a écrit :
Bonjour,
J’avais trouvé l’approche tout à fait intelligente avec un programme d’utilisation assez large ( utilisation solo où avec mes petits enfants, mise à l’eau seul, gréement facile …) bref, refroidi par ces premiers contacts avec le fabriquant et surtout le tableau peu flatteur que vous décrivez de la conception actuelle de cet « engin » je vais laisser mûrir le fruit quelques temps encore et garder mon Classe A.
Sorry, mais nous ne régaterons pas de sitôt en Albatros et c’est dommage mais qui sait un jour sur un plan d’eau …
Grand merci pour cette réponse rapide.
Bien sportivement.
Phil