Autopilote

J’ai fait évoluer ma solution d’autopilote pour utilisation initiale en solo, mais comme elle s’avère simple et facilement débrayable sans encombrer inutilement comme la précédente l’espace précieux entre la barre et le palan de GV, elle est aussi utilisable en double.

Cet élastique glisse partout sauf sur un point qui est relié ou non au point d’attache du stick. Il fonctionne sur la base du frottement et bloque la barre dans une position quelconque pour quelques secondes le temps d’aller ajuster quelque chose avec ses deux mains n’importe où sur le bateau. En cas de besoin on reprend le contrôle de la barre simplement en la déplaçant. Pour que la barre reste fixe plus longtemps, il faut augmenter la tension de l’élastique et le frottement sur la barre et cela demande alors un peu plus de force pour reprendre contrôle de la barre.

Matériaux: un gros élastique et deux manilles plastiques.

Cabosse à Biscarrosse

Quelques extraits de la discussion Biscarrosse 2017 du forum Open 500 sur le Championnat de France Quillard auquel Jean et moi avons participé comme première régate de la saison de Sol Ace

Alain (viryvoile) :

« Le rideau est tombé sur le Championnat de France de Voile légère. Les Open 5.00 était la série la plus nombreuse. C’est toujours dans une bonne ambiance que ce sont déroulés les 6 courses disputées par des conditions parfois musclées avec des pointes à plus de 30nds. Des surfs incroyables qui ont ravi les équipages. L’Open 5.00 a tenu la dragée haute dans les conditions musclées face à des bateaux comme le Tempest ou le VX one, se permettant même de finir en temps réel dans les conditions fortes. »

Fred (Père Spikas):

« Un chouette événement dans un bel endroit mais dans des conditions un peu dures. L’esprit Open Way était bien présent sur cette régate FFV : apéro huitres; Merci à Jacques, Bruno et Yvo, maxi dîner chez Camette et la découverte de ses Armagnacs … Tous les bateaux sortis en un rien de temps …. Et de belles batailles sur l’eau. Partage et convivialité.

Pensez à vérifier les roulements de vos remorques (3 remorques sur 9 testées sont dangereuses – Une rentrera sur un plateau) »

Jaffar:

« Mouais, c’était chouette pour ceux qui aiment leur eau quand elle tombe du ciel lors d’une alerte météo orange! Les claques avaient pour moi une soudaineté et une amplitude étonnantes et lors de l’une d’elle j’ai raté la relâche du taquet coinceur de l’écoute de la GV et trouvé un équilibre nouveau, pas trop désagréable dans ces conditions sans vagues et sans sel, avec le mât dans l’eau le temps d’une mini-sieste. L’endroit est effectivement splendide avec cet arrosage automatique naturel qui met cette verdure partout mais l’envers du miroir avait aussi de la verdure que l’on a vaillamment récoltée sur notre quille en nous approchant trop des bords. Il fallait penser à relever la quille pour s’en débarrasser, mais c’était trop m’en demander ce jour là.

Fred c’est la cavalerie légère de l’organisation. Les huitres étaient prévues à l’avance mais l’idée de les faire suivre par un diner gastronomique pour 20 personnes a germé et s’est concrétisée en un claquement de doigts. Ayez une pensée émue pour lui la prochaine fois que n’arrivez pas à réserver une table pour deux! La charge de la cavalerie légère, à pied cette fois-ci, a aussi permis de sortir les bateaux plus rapidement qu’avec les chevaux mécaniques.

Le retour de remorque sur un plateau dont parle Fred c’est moi. J’avais entendu le couinement des roulements à l’aller mais il me fallait essayer de rentrer un jour plus tôt qu’initialement prévu à cause de l’hospitalisation de ma mère. La stratégie suivie était de rouler à 110 et de s’arrêter fréquemment pour vérifier la température des roulements. Puis comme rien ne chauffait apparemment, j’ai commencé à espacer les arrêts jusqu’à ce que à proximité de l’aire de Peypin (!) des voitures nous fassent des signes en doublant. Le service d’assistance de mon assurance a pris en charge le dépannage par un camion plateau. Michel Bourgeois me prête l’essieu presque neuf qu’il réserve pour ses longs trajets et demain je vais faire faire l’échange d’essieu à Aubagne. J’ai commandé un nouvel essieu chez Larose Diffusion mais notre modèle particulier est en rupture de stock en ce moment (tiens, tiens, les Open 500 ont une influence visible sur ce marché!).

Mes leçons Open 500 de l’expédition:
1) relever la quille au moins partiellement en cas de manque de vitesse évident en eau douce ou dans la mer des Sargasses
2) mieux tenir mon écoute de GV particulièrement dans un temps à claques
3) ne pas chercher à finasser avec ces roulements de remorque soit-disant « étanches » et les changer au premier couinement
4) avoir un deuxième essieu de remorque, neuf ou quasiment neuf, réservé aux grands trajets »

Suite de la discussion sur Roulements:

Fred:

« Petit test à effectuer régulièrement sur la remorque avec ou sans le bateau:
– tête d’attelage au sol (sans roue jockey)
– 2 cales sur la roue que l’on ne teste pas
– levage à l’aide du cric pour pouvoir tourner la roue

Symptômes :
– La roue tourne mais croustille. Bruits de frottement: le roulement n’est plus étanche. Il commence à s’abîmer ses jours sont comptés. A surveiller du jeu ne va pas tarder à apparaître.
– La roue tourne avec ou sans bruit mais elle a du jeu.
Le roulement est défectueux et à changer urgemment. Il arrive aussi d’entendre comme un vrombissement lorsque l’on roule. Le niveau de bruit est proportionnel à l’urgence du changement.
– la roue tourne sans effort, sans jeu et sans bruit …. Tout va bien. »

Jaffar:

Attention, certaines remorques, dont la mienne malheureusement, n’ont pas cet essieu standard de 140 cm mais un essieu de 120 cm. Ma référence chez Paillard le constructeur et Larose Diffusion est w3223120. Je viens d’effectuer un aller-retour inutile sur Aubagne pour installer l’essieu de route de Michel sur ma remorque. Cet essieu de 120 porte moins (500 kg au lieu de 550 kg) mais a le gros avantage d’être en stock chez Larose Diffusion.

En ce qui me concerne, ce n’est pas le roulement qui a cédé mais la suspension de l’essieu.

Le précédent propriétaire de ma remorque n’a visiblement pas changé l’essieu depuis trop longtemps. Ne faites pas comme lui, changez votre essieu tous les ans si vous le mettez dans l’eau de mer régulièrement.

Benjamin (La Feignasse):

Si c’est bien nettoyé après une mise à l’eau en mer et tout les ans un peu de peinture contre la rouille il n’y a pas de souci. 9 ans sans problème

Jaffar:

Je respecte l’avis de Benjamin mais je ne suis pas d’accord. Je partage simplement avec le groupe quelques éléments techniques et c’est à chacun de se faire une opinion et de juger du niveau de risque qu’il accepte.

  • J’ai acheté FRA 49 il y a 18 mois et j’ai rincé l’essieu et la remorque après chaque bain de mer
  • L’essieu est scellé, comment rincer l’intérieur ou se trouvent les barres de torsion? C’est l’endroit qui a cassé sur mon essieu
  • Comment peindre cet essieu? Ses quatre boulons en acier non-inox étaient tellement rouillés qu’il a fallu les couper à la disqueuse pour les enlever
  • Le proprio précédent, le gérant de Paris-Voile qui l’utilisait personnellement, a-t-il négligé de rincer sa remorque?
  • Mon essieu avait 10 ans, je souhaite à Benjamin de ne pas avoir à subir de rupture dans la dixième année de son essieu
  • Le patron de l’entreprise Marine Loisirs qui a accepté de me dépanner et qui semble s’y connaitre en remorques bateaux, me dit que le mot « étanche » utilisé pour ces essieux est une tromperie. C’est lui qui m’a dit de changer l’essieu tous les ans s’il va régulièrement dans l’eau de mer
  • Je vais désormais faire comme Michel et son groupe Open 500 de Toulon et avoir un deuxième essieu neuf réservé aux longs trajets

Bravo Velocitek

Velocitek Speed Puck sur mon Weta
Velocitek Speed Puck sur mon Weta

J’ai eu un Velocitek Speed Puck pour mon Weta, que j’ai vendu avec le bateau. Il m’a donné entière satisfaction pour me donner ma vitesse sur le fond, mon cap et enregistrer mes parcours dans un environnement assez humide.

Plus tard, j’ai acheté un Velocitek ProStart que j’ai monté sur mon Albatros. Le ProStart a un affichage un peu plus grand et donne facilement la ligne de départ pour mes éventuelles régates.

Monté sur un sabot de mât inutilisé (il y en a deux sur l’Albatros), il recevait de temps en temps quelques paquets de mer. Un jour il n’a plus démarré mais je ne m’en suis pas trop soucié pensant simplement devoir changer les piles. Mon gros souci du moment était mon passage à l’Open 500 et lorsque je me suis à nouveau penché sur l’appareil j’ai constaté que c’était plus grave que simplement changer les piles car non seulement il ne démarrait pas avec des piles neuves mais aussi le bouton de démarrage avait une amorce de fente suspecte sur sa membrane étanche.

J’ai pris alors contact par mail avec Velocitek en Californie en leur demandant ce que je pouvais faire. Ils m’ont immédiatement répondu en me demandant de remplir une déclaration et de leur envoyer l’appareil, ce que j’ai fait.

Je viens de recevoir un mail de Velocitek m’informant qu’ils viennent juste de m’envoyer un appareil de remplacement.

Bravo Velocitek! Fantastique service! J’attends avec impatience mon ProStart

Détails, détails !

Après une période d’inactivité relative, je reprends mon blog voile pour décrire ma dernière régate, la deuxième sur mon Open 500 Sol Ace. Ma première régate sur Sol Ace était en mars 2016 à Viry-Chatillon avec mon petit-fils Onésime comme équipier. Elle avait été dure avec trop de choses nouvelles et inhabituelles pour Onésime et moi-même et je m’y étais présenté dans un état de préparation inachevée. Depuis, la découverte plus approfondie de Sol Ace et son adaptation à de nouvelles conditions d’utilisation ont absorbé une bonne partie de mon temps libre. La Base Nautique Municipale de Hyères ne me permet pas de maintenir Sol Ace sur la place de parking bateau que j’ai occupée depuis de nombreuses années avec trois voiliers légers successifs et je suis donc passé à une place à quai mensuelle mais l’Open 500 a été conçu pour être essentiellement utilisé à partir de sa remorque et son adaptation à la place à quai qui m’a été assigné a été longue et laborieuse. Alexandre, qui est en poste à Hyères pour une partie de l’été, m’a contacté et nous nous sommes entrainés pour la seule course que nous pouvions faire ensemble, les Six Heures de Bormes.

Sol Ace a eu quelques petits ennuis matériels dans les jours qui ont précédé. La latte supérieure (en biais dans la corne) s’est délaminée, sans doute depuis longtemps, sous l’effort de compression et Hobie Shop a fait un gros effort pour pouvoir nous détailler une latte de remplacement. L’œillet inférieur du passage de la cargue du spi s’est arraché deux fois de suite mais Delta Voile a aussi fait un gros effort pour nous le réparer et le renforcer le samedi après-midi la veille de la régate. Mais cet incident a envoyé une clé à molette dans une préparation qui de calme est brusquement passée à hâtive et désordonnée surtout pour ses phases importantes de dématage-mise-sur-remorque-matage-mise-à-l’eau après avoir plongé pour nettoyer la quille dans l’eau douteuse (visibilité 15 cm) du port où je n’ai eu aucune chance de retrouver mon grand racloir blanc après l’avoir perdu. Faute de temps on ne prépare pas le spi qui reste dans son sac. Un détail, mais nous avions finalement trop de choses nouvelles à faire en trop peu de temps.

Alexandre était de garde une partie de la nuit de samedi à dimanche et moi je me suis réveillé au milieu de la nuit ne me rappelant plus où nous avions rangé certaines pièces essentielles, telles que les poulies des écoutes de foc et le bout qui relie l’œillet du spi à la cargue. Nous manquions de sommeil tous les deux au matin (un autre détail) mais nous arrivons à peu près à l’heure prévue à Bormes. Excellente réception de la part des organisateurs qui nous envoient vers la cale du port pour la mise à l’eau. Sur cette cale par contre nous sommes mal accueillis dans la cohue du dimanche matin d’août des mises à l’eau des bateaux-et-joujoux-à-moteur (un détail). Nous découvrons qu’une sangle tenant le bateau à la remorque a été cisaillée net pendant le transport. Un détail qui aurait pu avoir de grave conséquences. Nous cafouillons un peu. Michel et Sophie arrivent avec Adésias et nous mutualisons les opérations mais c’est lent vu la relative inexpérience avec l’Open 500 de trois d’entre-nous. Je dois accompagner Michel au briefing car il ne s’était pas inscrit par mail (un détail).

Pour ne pas mouiller mon essieu arrière (d’autant plus qu’il est électrique sur ma 3008 HY) il me fallait bien sûr une rallonge entre la boule de la voiture et la remorque. Cette rallonge je ne l’avais pas (un détail) mais Michel nous prête la sienne. Nous garons les remorques facilement dans les espaces réservés pour cela (un grand bravo à la municipalité de Bormes) mais nous perdons un temps fou (un détail) à essayer de faire fonctionner les horodateurs qui sont particulièrement lents à réagir au clavier et refusent plusieurs fois de suite de terminer proprement la transaction. J’abandonne et affiche sur mon tableau de bord le ticket de la transaction annulée, ce qui m’aura évité un PV couteux.

Nous prenons de plus en plus de retard mais heureusement on apprend que le départ est retardé par la pétole et le retard pris par les cata-dériveurs de leur coté (ils mettent à l’eau devant le club, eux). Olivier, un des organisateurs, contacté sur VHF77, nous envoie un moniteur sur un semi-rigide pour nous remorquer. Il est bien sûr interdit de naviguer à la voile dans le port mais aussi la route est longue de la cale à la zone de départ et nous sommes lâchés légèrement au vent de la ligne de départ au moment où le comité lance la procédure du premier départ. Nous sommes le deuxième départ, information pas très claire sur les instructions de course mais donnée au briefing général à 9h30. Nous avions constaté en hissant la GV que les lattes supérieures ne passaient pas facilement surtout dans la pétole avec le Cunningham bien détendu (un gros détail) et donc tout naturellement nous affalons la GV pour détendre ces lattes. Nous constaterons pendant la course que ces lattes auraient demandé encore moins de tension et pendant la course nous aurons souvent à border l’écoute et le Cunningham et brutaliser horizontalement la bôme après un virement de bord ou un empannage. Ce détail sera une cause importante de notre manque de vitesse sur l’eau ce jour là et heureusement que nous avions déjà réduit cette tension juste avant le départ. Une autre cause probable est sans doute une tension trop faible de l’étai.

6hbormes départ croiseurscr
Notre départ

Michel était tracté derrière nous par le semi-rigide et a remarqué que nous glissions latéralement un peu trop pour être honnête. Il s’est bien gardé de me faire part de ce détail, ce sacré compétiteur! Pendant l’opération de réglage des lattes, j’essaye d’avancer aussi vite que possible mais nous nous retrouvons à plus de 40 m sous la ligne à la minute avant notre départ. Comme les grosses unités de notre classe ne sont pas trop denses, nous devrions cependant avoir une chance de passer la bouée avec un peu de vitesse et pas trop tard après notre départ. Mais non! On n’arrive pas à accélérer et surtout on n’arrive pas à garder le cap vers la bouée! Bon sang, mais c’est bien sûr! Nous avons tout simplement oublié de descendre la quille! Il faut maintenant ouvrir ce sacré capot pour mettre le bout-sans-fin sur sa vis-sans-fin et ensuite descendre la quille en 40 coups de cuillère à pot!

On arrive enfin à tenir le cap et à éviter de tomber dans le traquenard que le croiseur sur notre bâbord est prêt à nous tendre. Le croiseur droit devant nous ne nous donne pas trop de turbulences car nous sommes un tout petit peu au vent de son sillage mais il faut à tout prix s’en éloigner au vent pour toucher de l’air moins perturbé. Le problème est que nous avons aussi un autre gros croiseur à notre hauteur sur tribord. Nous sommes pour l’instant dans la position « safe leeward« , ce qui est avantageux, mais nous ne pouvons pas nous permettre de le laisser prendre de la vitesse et nous placer dans son ombre de vent. On lofe donc et on se rapproche tout doucement, son étrave étant un peu derrière notre mât. Alexandre hurle un « LOF » très théâtral tandis que je demande « de l’eau » avec un sourire et j’ajoute à l’intention de l’équipage adverse, « il est bon, hein! » en parlant d’Alexandre. Ils se mettent donc à pincer le vent ce qui les ralenti immédiatement et nous donne de quoi respirer et prendre un cap plus efficace. Alexandre n’avait pas assisté au briefing pour pouvoir se consacrer à la préparation du bateau et ne savait que nous régations selon les règles simplifiées RIR et que l’on nous avait spécialement demandé d’être tolérant avec ceux qui n’étaient pas à l’aise avec les règles. Cette régate de club est belle mais décontractée.

On continue à avancer tout doucement, mais aussi vite que possible en privilégiant la vitesse par rapport au cap, au près tribord amures. On presse le foc (penon extérieur à la limite du décrochage) bordé plutôt mou et on bouge le moins possible pour ne pas briser la faible vitesse et on s’éloigne tout doucement de la côte à notre droite malgré mon plan initial qui était d’aller chercher de l’air le long de cette côte. Le plan d’eau sur notre droite est trop labouré par tous ces moteurs divers et les bateaux devant nous sur notre amure semblent bien avancer dans un tout petit peu plus de vent. On est dans un tout petit force 2 et nous n’avons que deux bateaux derrière nous. Il ne faut surtout pas laisser ces petites vagues désordonnées ou organisées par un sillage moteur, briser notre vitesse car sinon la retrouver prendra beaucoup de temps. Alexandre manifeste bruyamment sa frustration vis-à-vis de ces moteurs inconsidérés qui pourraient facilement passer derrière nous mais nous ignorent comme si on était totalement transparents. Il a proprement positionné son poids sous le vent (pour donner du creux aux voiles) et à l’avant (pour réduire la surface mouillée) mais se laisse déconcentrer par ces moteurs.

Les bateaux devant nous commencent à virer de bord vers la pointe de l’Esquillette pour chercher plus de vent qu’ils ne trouvent pas et reviennent ensuite tribord amures. On progresse un tout petit peu mieux qu’eux et donc on continue sur notre trajectoire. Un peu plus tard des bateaux virent de bord mais se plantent dans les parages du cap Bénat et du cap Blanc. On continue dans ce qui semble un petit couloir thermique du Sud-Ouest jusqu’à ce que l’on remarque qu’Adésias, toujours loin devant nous, semble ralentir. On vire de bord presque simultanément avec Adésias mais notre couloir semble un tout petit peu plus productif et on avance un peu mieux pour ensuite passer devant dans la direction du cap Nord de l’ile de Bagaud. Adésias, qui a un meilleur angle, arrive sur notre arrière bâbord et nous hèle pour nous passer le sac étanche de vêtements qu’Alexandre avait oublié sur leur bord au moment de la mise à l’eau simultanée et collégiale des deux bateaux. Adésias passe sous notre vent , on attrape le sac lancé, puis file à notre vent et commence à nous prendre des longueurs. Comment fait-il?

Louvoyage ensuite dans la rade de Port Cros avec quelques croisements car  le vent sous l’ile de Port Cros est bien plus variable en force et en direction. Beaucoup de ces virements demandent la gymnastique devenue habituelle du passage de latte et on découvre que la poulie-winch avait été montée à l’envers, ce que l’on corrige facilement. Un détail. Au passage du cap Sud de Bagaud, Adésias a maintenant 10 longueurs d’avance et hisse le spi, bâbord amures. On fait bientôt de même puis Alexandre et moi permutons de position. Alexandre reste haut pour ne pas perdre de vitesse tandis qu’Adésias est un poil plus bas. Nous continuons un bon moment avant d’empanner à notre tour, mais toujours en favorisant la vitesse par rapport au cap. On reste dans le couloir de vent qui nous a si bien aidé à l’aller.

Il y a deux croiseurs devant nous dans le voisinage du cap Bénat, le spi bleu clair de l’Aphrodite 101 Wotan et plus en avant, le spi symétrique vert tabac du First 35 GTE Chocolat. En gros ils nous indiquent la direction de la bouée jaune du port qui est notre prochaine marque, mais nous continuons tribord amures avant d’empanner à notre tour, bien après Adésias qui est maintenant loin sur notre bâbord arrière et choisi de faire des bords d’empannage au plus près de la côte à partir du cap Bénat pendant que nous faisons nos bords d’empannage plus au large. Nous pensions à ce moment avoir creusé l’écart. Comme je fatigue au spi, nous permutons à nouveau de position mais la chaleur et l’absence de sommeil la nuit précédente commencent à alourdir nos paupières.

Un semi-rigide avec un moniteur du club vient nous informer que la course est raccourcie à notre prochaine bouée, qui devient donc la ligne d’arrivée et nous demande si tout va bien. Nous n’avions plus d’eau depuis un bon moment déjà et il nous passe une bouteille qui nous fait le plus grand bien. Merci encore à cette excellente organisation.

L’excitation de l’arrivée proche et la navigation me maintiennent à un niveau d’alerte élevé, mais qui sera malheureusement insuffisant. Loin de la ligne j’ai estimé qu’il fallait privilégier le bateau comité à bâbord avec le spi bâbord amures. J’aurais dû réévaluer constamment cette décision mais ne l’ai pas fait. Nous voyons Adésias empanner au plus proche de la plage et revenir sur nous étonnamment vite. A quelques dizaines de mètres de la ligne il était clair qu’Adésias ne pouvait pas nous passer devant, tribord amures, et nous forcer à empanner. Adésias passe donc derrière nous et je crois la partie gagnée alors que j’aurais dû réévaluer la ligne. Notre vitesse tombe et je cherche à la maintenir en me rapprochant du bateau comité sans me rendre compte que ma trajectoire devenait parallèle à la ligne et que je donnais ainsi à Adésias la possibilité de la couper sept petites secondes avant nous! Nous finissons quatrième et cinquième en temps réel mais premier et second en temps compensé.

Le résultat officiel est: 6hbormes resultats complets 6hbormes michelAdesias a fait les 14 milles en 4h23mn24s. Le plus rapide en temps réel, 33 minutes devant, est un Mat 1010, Flower Power, qui se classe toujours très bien dans les régates IRC de la région mais ne prend que la cinquième place en temps compensé. Le First 35 GTE Chocolat qui fini environ 17 minutes avant nous en temps réel mais moins de 3 minutes derrière nous en temps compensé prend la troisième place en temps compensé. L’Aphrodite 101 Wotan est troisième en temps réel et quatrième en temps compensé.

Je savais que dans le petit temps, la légèreté de nos Open 500 nous permettait d’envisager de bons résultats grâce à un rating HN favorable dans ces conditions. Mes erreurs de préparation et notre vitesse relativement plus faible qu’Adésias auraient dû nous enlever tout espoir après un départ désastreux mais être derrière par petit temps a quelques avantages si on arrive à lire les informations sur le plan d’eau que nous donnent les bateaux devant. Nous sommes bien remontés mais nous n’avons malheureusement pas réussi à rester proprement concentrés jusqu’au bout.

Une régate splendide vers une partie des iles d’Or que je n’avais encore pas parcouru à la voile et une deuxième place à la clé, quelle belle journée!

Mon ressenti sur l’Open 500

Bom dia

Merci pour votre réponse rapide et précise. Sinon, j’aimerai avoir de votre part, un ressenti un peu personnel sur l’open 5.00

Habitué aux skiffs et Catamarans de sport, puis-je espérer retrouver quelques sensations de vitesse sur ce bateau , ne voulant quand même pas sacrifier un peu d’adrénaline à toute la sécurité que semble offrir l’Open 5.00

Enfin, le comportement de ce bateau est il plus proche d’un dériveur sportif que d’un quillard léger.

Voilà, je pense en avoir fini avec mes questions et vous remercie une fois de plus d’y prêter attention .

Cordialement

Jean-Christophe

Jean-Christophe,

Grâce à Michel et mes amis du pôle Open 500 du YC Toulon, j’ai eu le privilège de profiter de six jours de navigation sur l’Open 500 avant d’en acheter un, sur lequel je n’ai encore jamais navigué. Mon achat était surtout un coup de cœur raisonné et mon ressenti à ce jour est donc encore très limité, d’autant plus que les conditions de mer et de vent étaient de calme à médium avec rafales. Je n’ai pas testé l’Open 500 dans des conditions plus musclées.

Cela étant dit, J’ai fait du trimaran de sport (Weta) et du cata (Classe A) pour lesquels j’ai aimé cette sensation de vitesse, le corps bas sur l’eau, que je n’ai pas retrouvé sur l’Open 500, faute de vent sans doute. Par contre, ce que j’ai échangé bien volontiers c’est l’inconfort de la stabilité décroissante avec la gîte pour le confort de savoir et de sentir que plus le bateau gîte et plus les forces stabilisantes augmentent par rapport aux forces déstabilisantes. J’ai fait de la course au large avec mon J105 et savoir que l’on est à plus de deux jours de voile d’un abri conduit à en faire encore plus pour éviter une baignade forcée. C’est cette sensation de stabilité croissante que j’ai avant tout cherché en revenant au quillard en passant par le dériveur lesté (Albatros).

Le dériveur sportif moderne, skiff, et le cata de sport vont plus vite que le vent en allégeant à l’extrême la masse statique et en plaçant dynamiquement la masse mobile (l’équipage) au bon endroit pour pouvoir porter plus de toile. L’Open 500 a également besoin du rappel de son équipage pour contrebalancer sa toile, mais dans une moindre mesure et avec un degré moindre d’urgence. Il est plus lourd et donc ses accélérations sont moins vives mais lorsque la survente commence à coucher brutalement le bateau sous spi il faut pour corriger que l’équipage donne un coup de rein bien coordonné avec les pieds dans les sangles tout en choquant les écoutes et en corrigeant à la barre. Sa bonne largeur ajoutée au décentrement de la carène à la gîte donne à l’équipage un grand bras de levier pour rendre efficace ce coup de rein.

L’adrénaline peut aussi s’obtenir en voile avec n’importe quel bateau à partir de 15 nœuds de vent, un peu plus pour les bateaux sous-toilés et un peu moins pour les sur-toilés. Selon mon tableau de comparaison, l’Open 500 a 71 m2 de toile par tonne au près et 154 au portant. Il serait sur-toilé si l’équipage ne pouvait pas faire un rappel très efficace.

Mais quand on parle de sensations, le mieux n’est-il pas de les ressentir soit-même? Rien ne vaut un ou plusieurs essais pour juger soit-même avant d’acheter. L’année dernière j’avais sur le papier identifié le Devoti D-One comme ayant tout ce que l’Albatros aurait dû avoir pour un navigateur solo. J’ai eu de longues discussions sur le forum français du D-One mais lorsque je suis allé en essayer un sur le lac de Ste Croix, je me suis immédiatement rendu compte que son instabilité statique demandait une agilité et une vivacité corporelle qui me faisait de plus en plus défaut.

Jaffar