Préparation de la Tapenade 2017

La Huitième Série Tapenade et Pastagas se fera au Pradet les vendredi 6, samedi 7 et dimanche 8 octobre 2017. Elle est organisée par Michel et François avec le YCT dans le cadre de la FFV. Voici regroupés ici les documents téléchargeables sur cette série.

2017 Tapenade Pradet informations

2017 Tapenade Pradet informations en pdf

2017 Tapenade Pradet programme

2017 Tapenade Pradet programme en pdf

2017 Tapenade Pradet inscription

2017 Tapenade Pradet inscription en pdf

FFV: Régate Départementale Open 500

Il manque encore l’Avis de Course, les Instructions de Course et les parcours, mais on y travaille ..

Et aussi:

Il me manque une deuxième personne pour pouvoir faire la série sur mon bateau. Je peux aussi alternativement faire l’équipier sur un autre bateau. Si intéressé, contactez moi: ou

Cabosse à Biscarrosse

Quelques extraits de la discussion Biscarrosse 2017 du forum Open 500 sur le Championnat de France Quillard auquel Jean et moi avons participé comme première régate de la saison de Sol Ace

Alain (viryvoile) :

« Le rideau est tombé sur le Championnat de France de Voile légère. Les Open 5.00 était la série la plus nombreuse. C’est toujours dans une bonne ambiance que ce sont déroulés les 6 courses disputées par des conditions parfois musclées avec des pointes à plus de 30nds. Des surfs incroyables qui ont ravi les équipages. L’Open 5.00 a tenu la dragée haute dans les conditions musclées face à des bateaux comme le Tempest ou le VX one, se permettant même de finir en temps réel dans les conditions fortes. »

Fred (Père Spikas):

« Un chouette événement dans un bel endroit mais dans des conditions un peu dures. L’esprit Open Way était bien présent sur cette régate FFV : apéro huitres; Merci à Jacques, Bruno et Yvo, maxi dîner chez Camette et la découverte de ses Armagnacs … Tous les bateaux sortis en un rien de temps …. Et de belles batailles sur l’eau. Partage et convivialité.

Pensez à vérifier les roulements de vos remorques (3 remorques sur 9 testées sont dangereuses – Une rentrera sur un plateau) »

Jaffar:

« Mouais, c’était chouette pour ceux qui aiment leur eau quand elle tombe du ciel lors d’une alerte météo orange! Les claques avaient pour moi une soudaineté et une amplitude étonnantes et lors de l’une d’elle j’ai raté la relâche du taquet coinceur de l’écoute de la GV et trouvé un équilibre nouveau, pas trop désagréable dans ces conditions sans vagues et sans sel, avec le mât dans l’eau le temps d’une mini-sieste. L’endroit est effectivement splendide avec cet arrosage automatique naturel qui met cette verdure partout mais l’envers du miroir avait aussi de la verdure que l’on a vaillamment récoltée sur notre quille en nous approchant trop des bords. Il fallait penser à relever la quille pour s’en débarrasser, mais c’était trop m’en demander ce jour là.

Fred c’est la cavalerie légère de l’organisation. Les huitres étaient prévues à l’avance mais l’idée de les faire suivre par un diner gastronomique pour 20 personnes a germé et s’est concrétisée en un claquement de doigts. Ayez une pensée émue pour lui la prochaine fois que n’arrivez pas à réserver une table pour deux! La charge de la cavalerie légère, à pied cette fois-ci, a aussi permis de sortir les bateaux plus rapidement qu’avec les chevaux mécaniques.

Le retour de remorque sur un plateau dont parle Fred c’est moi. J’avais entendu le couinement des roulements à l’aller mais il me fallait essayer de rentrer un jour plus tôt qu’initialement prévu à cause de l’hospitalisation de ma mère. La stratégie suivie était de rouler à 110 et de s’arrêter fréquemment pour vérifier la température des roulements. Puis comme rien ne chauffait apparemment, j’ai commencé à espacer les arrêts jusqu’à ce que à proximité de l’aire de Peypin (!) des voitures nous fassent des signes en doublant. Le service d’assistance de mon assurance a pris en charge le dépannage par un camion plateau. Michel Bourgeois me prête l’essieu presque neuf qu’il réserve pour ses longs trajets et demain je vais faire faire l’échange d’essieu à Aubagne. J’ai commandé un nouvel essieu chez Larose Diffusion mais notre modèle particulier est en rupture de stock en ce moment (tiens, tiens, les Open 500 ont une influence visible sur ce marché!).

Mes leçons Open 500 de l’expédition:
1) relever la quille au moins partiellement en cas de manque de vitesse évident en eau douce ou dans la mer des Sargasses
2) mieux tenir mon écoute de GV particulièrement dans un temps à claques
3) ne pas chercher à finasser avec ces roulements de remorque soit-disant « étanches » et les changer au premier couinement
4) avoir un deuxième essieu de remorque, neuf ou quasiment neuf, réservé aux grands trajets »

Suite de la discussion sur Roulements:

Fred:

« Petit test à effectuer régulièrement sur la remorque avec ou sans le bateau:
– tête d’attelage au sol (sans roue jockey)
– 2 cales sur la roue que l’on ne teste pas
– levage à l’aide du cric pour pouvoir tourner la roue

Symptômes :
– La roue tourne mais croustille. Bruits de frottement: le roulement n’est plus étanche. Il commence à s’abîmer ses jours sont comptés. A surveiller du jeu ne va pas tarder à apparaître.
– La roue tourne avec ou sans bruit mais elle a du jeu.
Le roulement est défectueux et à changer urgemment. Il arrive aussi d’entendre comme un vrombissement lorsque l’on roule. Le niveau de bruit est proportionnel à l’urgence du changement.
– la roue tourne sans effort, sans jeu et sans bruit …. Tout va bien. »

Jaffar:

Attention, certaines remorques, dont la mienne malheureusement, n’ont pas cet essieu standard de 140 cm mais un essieu de 120 cm. Ma référence chez Paillard le constructeur et Larose Diffusion est w3223120. Je viens d’effectuer un aller-retour inutile sur Aubagne pour installer l’essieu de route de Michel sur ma remorque. Cet essieu de 120 porte moins (500 kg au lieu de 550 kg) mais a le gros avantage d’être en stock chez Larose Diffusion.

En ce qui me concerne, ce n’est pas le roulement qui a cédé mais la suspension de l’essieu.

Le précédent propriétaire de ma remorque n’a visiblement pas changé l’essieu depuis trop longtemps. Ne faites pas comme lui, changez votre essieu tous les ans si vous le mettez dans l’eau de mer régulièrement.

Benjamin (La Feignasse):

Si c’est bien nettoyé après une mise à l’eau en mer et tout les ans un peu de peinture contre la rouille il n’y a pas de souci. 9 ans sans problème

Jaffar:

Je respecte l’avis de Benjamin mais je ne suis pas d’accord. Je partage simplement avec le groupe quelques éléments techniques et c’est à chacun de se faire une opinion et de juger du niveau de risque qu’il accepte.

  • J’ai acheté FRA 49 il y a 18 mois et j’ai rincé l’essieu et la remorque après chaque bain de mer
  • L’essieu est scellé, comment rincer l’intérieur ou se trouvent les barres de torsion? C’est l’endroit qui a cassé sur mon essieu
  • Comment peindre cet essieu? Ses quatre boulons en acier non-inox étaient tellement rouillés qu’il a fallu les couper à la disqueuse pour les enlever
  • Le proprio précédent, le gérant de Paris-Voile qui l’utilisait personnellement, a-t-il négligé de rincer sa remorque?
  • Mon essieu avait 10 ans, je souhaite à Benjamin de ne pas avoir à subir de rupture dans la dixième année de son essieu
  • Le patron de l’entreprise Marine Loisirs qui a accepté de me dépanner et qui semble s’y connaitre en remorques bateaux, me dit que le mot « étanche » utilisé pour ces essieux est une tromperie. C’est lui qui m’a dit de changer l’essieu tous les ans s’il va régulièrement dans l’eau de mer
  • Je vais désormais faire comme Michel et son groupe Open 500 de Toulon et avoir un deuxième essieu neuf réservé aux longs trajets

Bravo Velocitek

Velocitek Speed Puck sur mon Weta
Velocitek Speed Puck sur mon Weta

J’ai eu un Velocitek Speed Puck pour mon Weta, que j’ai vendu avec le bateau. Il m’a donné entière satisfaction pour me donner ma vitesse sur le fond, mon cap et enregistrer mes parcours dans un environnement assez humide.

Plus tard, j’ai acheté un Velocitek ProStart que j’ai monté sur mon Albatros. Le ProStart a un affichage un peu plus grand et donne facilement la ligne de départ pour mes éventuelles régates.

Monté sur un sabot de mât inutilisé (il y en a deux sur l’Albatros), il recevait de temps en temps quelques paquets de mer. Un jour il n’a plus démarré mais je ne m’en suis pas trop soucié pensant simplement devoir changer les piles. Mon gros souci du moment était mon passage à l’Open 500 et lorsque je me suis à nouveau penché sur l’appareil j’ai constaté que c’était plus grave que simplement changer les piles car non seulement il ne démarrait pas avec des piles neuves mais aussi le bouton de démarrage avait une amorce de fente suspecte sur sa membrane étanche.

J’ai pris alors contact par mail avec Velocitek en Californie en leur demandant ce que je pouvais faire. Ils m’ont immédiatement répondu en me demandant de remplir une déclaration et de leur envoyer l’appareil, ce que j’ai fait.

Je viens de recevoir un mail de Velocitek m’informant qu’ils viennent juste de m’envoyer un appareil de remplacement.

Bravo Velocitek! Fantastique service! J’attends avec impatience mon ProStart

Détails, détails !

Après une période d’inactivité relative, je reprends mon blog voile pour décrire ma dernière régate, la deuxième sur mon Open 500 Sol Ace. Ma première régate sur Sol Ace était en mars 2016 à Viry-Chatillon avec mon petit-fils Onésime comme équipier. Elle avait été dure avec trop de choses nouvelles et inhabituelles pour Onésime et moi-même et je m’y étais présenté dans un état de préparation inachevée. Depuis, la découverte plus approfondie de Sol Ace et son adaptation à de nouvelles conditions d’utilisation ont absorbé une bonne partie de mon temps libre. La Base Nautique Municipale de Hyères ne me permet pas de maintenir Sol Ace sur la place de parking bateau que j’ai occupée depuis de nombreuses années avec trois voiliers légers successifs et je suis donc passé à une place à quai mensuelle mais l’Open 500 a été conçu pour être essentiellement utilisé à partir de sa remorque et son adaptation à la place à quai qui m’a été assigné a été longue et laborieuse. Alexandre, qui est en poste à Hyères pour une partie de l’été, m’a contacté et nous nous sommes entrainés pour la seule course que nous pouvions faire ensemble, les Six Heures de Bormes.

Sol Ace a eu quelques petits ennuis matériels dans les jours qui ont précédé. La latte supérieure (en biais dans la corne) s’est délaminée, sans doute depuis longtemps, sous l’effort de compression et Hobie Shop a fait un gros effort pour pouvoir nous détailler une latte de remplacement. L’œillet inférieur du passage de la cargue du spi s’est arraché deux fois de suite mais Delta Voile a aussi fait un gros effort pour nous le réparer et le renforcer le samedi après-midi la veille de la régate. Mais cet incident a envoyé une clé à molette dans une préparation qui de calme est brusquement passée à hâtive et désordonnée surtout pour ses phases importantes de dématage-mise-sur-remorque-matage-mise-à-l’eau après avoir plongé pour nettoyer la quille dans l’eau douteuse (visibilité 15 cm) du port où je n’ai eu aucune chance de retrouver mon grand racloir blanc après l’avoir perdu. Faute de temps on ne prépare pas le spi qui reste dans son sac. Un détail, mais nous avions finalement trop de choses nouvelles à faire en trop peu de temps.

Alexandre était de garde une partie de la nuit de samedi à dimanche et moi je me suis réveillé au milieu de la nuit ne me rappelant plus où nous avions rangé certaines pièces essentielles, telles que les poulies des écoutes de foc et le bout qui relie l’œillet du spi à la cargue. Nous manquions de sommeil tous les deux au matin (un autre détail) mais nous arrivons à peu près à l’heure prévue à Bormes. Excellente réception de la part des organisateurs qui nous envoient vers la cale du port pour la mise à l’eau. Sur cette cale par contre nous sommes mal accueillis dans la cohue du dimanche matin d’août des mises à l’eau des bateaux-et-joujoux-à-moteur (un détail). Nous découvrons qu’une sangle tenant le bateau à la remorque a été cisaillée net pendant le transport. Un détail qui aurait pu avoir de grave conséquences. Nous cafouillons un peu. Michel et Sophie arrivent avec Adésias et nous mutualisons les opérations mais c’est lent vu la relative inexpérience avec l’Open 500 de trois d’entre-nous. Je dois accompagner Michel au briefing car il ne s’était pas inscrit par mail (un détail).

Pour ne pas mouiller mon essieu arrière (d’autant plus qu’il est électrique sur ma 3008 HY) il me fallait bien sûr une rallonge entre la boule de la voiture et la remorque. Cette rallonge je ne l’avais pas (un détail) mais Michel nous prête la sienne. Nous garons les remorques facilement dans les espaces réservés pour cela (un grand bravo à la municipalité de Bormes) mais nous perdons un temps fou (un détail) à essayer de faire fonctionner les horodateurs qui sont particulièrement lents à réagir au clavier et refusent plusieurs fois de suite de terminer proprement la transaction. J’abandonne et affiche sur mon tableau de bord le ticket de la transaction annulée, ce qui m’aura évité un PV couteux.

Nous prenons de plus en plus de retard mais heureusement on apprend que le départ est retardé par la pétole et le retard pris par les cata-dériveurs de leur coté (ils mettent à l’eau devant le club, eux). Olivier, un des organisateurs, contacté sur VHF77, nous envoie un moniteur sur un semi-rigide pour nous remorquer. Il est bien sûr interdit de naviguer à la voile dans le port mais aussi la route est longue de la cale à la zone de départ et nous sommes lâchés légèrement au vent de la ligne de départ au moment où le comité lance la procédure du premier départ. Nous sommes le deuxième départ, information pas très claire sur les instructions de course mais donnée au briefing général à 9h30. Nous avions constaté en hissant la GV que les lattes supérieures ne passaient pas facilement surtout dans la pétole avec le Cunningham bien détendu (un gros détail) et donc tout naturellement nous affalons la GV pour détendre ces lattes. Nous constaterons pendant la course que ces lattes auraient demandé encore moins de tension et pendant la course nous aurons souvent à border l’écoute et le Cunningham et brutaliser horizontalement la bôme après un virement de bord ou un empannage. Ce détail sera une cause importante de notre manque de vitesse sur l’eau ce jour là et heureusement que nous avions déjà réduit cette tension juste avant le départ. Une autre cause probable est sans doute une tension trop faible de l’étai.

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Notre départ

Michel était tracté derrière nous par le semi-rigide et a remarqué que nous glissions latéralement un peu trop pour être honnête. Il s’est bien gardé de me faire part de ce détail, ce sacré compétiteur! Pendant l’opération de réglage des lattes, j’essaye d’avancer aussi vite que possible mais nous nous retrouvons à plus de 40 m sous la ligne à la minute avant notre départ. Comme les grosses unités de notre classe ne sont pas trop denses, nous devrions cependant avoir une chance de passer la bouée avec un peu de vitesse et pas trop tard après notre départ. Mais non! On n’arrive pas à accélérer et surtout on n’arrive pas à garder le cap vers la bouée! Bon sang, mais c’est bien sûr! Nous avons tout simplement oublié de descendre la quille! Il faut maintenant ouvrir ce sacré capot pour mettre le bout-sans-fin sur sa vis-sans-fin et ensuite descendre la quille en 40 coups de cuillère à pot!

On arrive enfin à tenir le cap et à éviter de tomber dans le traquenard que le croiseur sur notre bâbord est prêt à nous tendre. Le croiseur droit devant nous ne nous donne pas trop de turbulences car nous sommes un tout petit peu au vent de son sillage mais il faut à tout prix s’en éloigner au vent pour toucher de l’air moins perturbé. Le problème est que nous avons aussi un autre gros croiseur à notre hauteur sur tribord. Nous sommes pour l’instant dans la position « safe leeward« , ce qui est avantageux, mais nous ne pouvons pas nous permettre de le laisser prendre de la vitesse et nous placer dans son ombre de vent. On lofe donc et on se rapproche tout doucement, son étrave étant un peu derrière notre mât. Alexandre hurle un « LOF » très théâtral tandis que je demande « de l’eau » avec un sourire et j’ajoute à l’intention de l’équipage adverse, « il est bon, hein! » en parlant d’Alexandre. Ils se mettent donc à pincer le vent ce qui les ralenti immédiatement et nous donne de quoi respirer et prendre un cap plus efficace. Alexandre n’avait pas assisté au briefing pour pouvoir se consacrer à la préparation du bateau et ne savait que nous régations selon les règles simplifiées RIR et que l’on nous avait spécialement demandé d’être tolérant avec ceux qui n’étaient pas à l’aise avec les règles. Cette régate de club est belle mais décontractée.

On continue à avancer tout doucement, mais aussi vite que possible en privilégiant la vitesse par rapport au cap, au près tribord amures. On presse le foc (penon extérieur à la limite du décrochage) bordé plutôt mou et on bouge le moins possible pour ne pas briser la faible vitesse et on s’éloigne tout doucement de la côte à notre droite malgré mon plan initial qui était d’aller chercher de l’air le long de cette côte. Le plan d’eau sur notre droite est trop labouré par tous ces moteurs divers et les bateaux devant nous sur notre amure semblent bien avancer dans un tout petit peu plus de vent. On est dans un tout petit force 2 et nous n’avons que deux bateaux derrière nous. Il ne faut surtout pas laisser ces petites vagues désordonnées ou organisées par un sillage moteur, briser notre vitesse car sinon la retrouver prendra beaucoup de temps. Alexandre manifeste bruyamment sa frustration vis-à-vis de ces moteurs inconsidérés qui pourraient facilement passer derrière nous mais nous ignorent comme si on était totalement transparents. Il a proprement positionné son poids sous le vent (pour donner du creux aux voiles) et à l’avant (pour réduire la surface mouillée) mais se laisse déconcentrer par ces moteurs.

Les bateaux devant nous commencent à virer de bord vers la pointe de l’Esquillette pour chercher plus de vent qu’ils ne trouvent pas et reviennent ensuite tribord amures. On progresse un tout petit peu mieux qu’eux et donc on continue sur notre trajectoire. Un peu plus tard des bateaux virent de bord mais se plantent dans les parages du cap Bénat et du cap Blanc. On continue dans ce qui semble un petit couloir thermique du Sud-Ouest jusqu’à ce que l’on remarque qu’Adésias, toujours loin devant nous, semble ralentir. On vire de bord presque simultanément avec Adésias mais notre couloir semble un tout petit peu plus productif et on avance un peu mieux pour ensuite passer devant dans la direction du cap Nord de l’ile de Bagaud. Adésias, qui a un meilleur angle, arrive sur notre arrière bâbord et nous hèle pour nous passer le sac étanche de vêtements qu’Alexandre avait oublié sur leur bord au moment de la mise à l’eau simultanée et collégiale des deux bateaux. Adésias passe sous notre vent , on attrape le sac lancé, puis file à notre vent et commence à nous prendre des longueurs. Comment fait-il?

Louvoyage ensuite dans la rade de Port Cros avec quelques croisements car  le vent sous l’ile de Port Cros est bien plus variable en force et en direction. Beaucoup de ces virements demandent la gymnastique devenue habituelle du passage de latte et on découvre que la poulie-winch avait été montée à l’envers, ce que l’on corrige facilement. Un détail. Au passage du cap Sud de Bagaud, Adésias a maintenant 10 longueurs d’avance et hisse le spi, bâbord amures. On fait bientôt de même puis Alexandre et moi permutons de position. Alexandre reste haut pour ne pas perdre de vitesse tandis qu’Adésias est un poil plus bas. Nous continuons un bon moment avant d’empanner à notre tour, mais toujours en favorisant la vitesse par rapport au cap. On reste dans le couloir de vent qui nous a si bien aidé à l’aller.

Il y a deux croiseurs devant nous dans le voisinage du cap Bénat, le spi bleu clair de l’Aphrodite 101 Wotan et plus en avant, le spi symétrique vert tabac du First 35 GTE Chocolat. En gros ils nous indiquent la direction de la bouée jaune du port qui est notre prochaine marque, mais nous continuons tribord amures avant d’empanner à notre tour, bien après Adésias qui est maintenant loin sur notre bâbord arrière et choisi de faire des bords d’empannage au plus près de la côte à partir du cap Bénat pendant que nous faisons nos bords d’empannage plus au large. Nous pensions à ce moment avoir creusé l’écart. Comme je fatigue au spi, nous permutons à nouveau de position mais la chaleur et l’absence de sommeil la nuit précédente commencent à alourdir nos paupières.

Un semi-rigide avec un moniteur du club vient nous informer que la course est raccourcie à notre prochaine bouée, qui devient donc la ligne d’arrivée et nous demande si tout va bien. Nous n’avions plus d’eau depuis un bon moment déjà et il nous passe une bouteille qui nous fait le plus grand bien. Merci encore à cette excellente organisation.

L’excitation de l’arrivée proche et la navigation me maintiennent à un niveau d’alerte élevé, mais qui sera malheureusement insuffisant. Loin de la ligne j’ai estimé qu’il fallait privilégier le bateau comité à bâbord avec le spi bâbord amures. J’aurais dû réévaluer constamment cette décision mais ne l’ai pas fait. Nous voyons Adésias empanner au plus proche de la plage et revenir sur nous étonnamment vite. A quelques dizaines de mètres de la ligne il était clair qu’Adésias ne pouvait pas nous passer devant, tribord amures, et nous forcer à empanner. Adésias passe donc derrière nous et je crois la partie gagnée alors que j’aurais dû réévaluer la ligne. Notre vitesse tombe et je cherche à la maintenir en me rapprochant du bateau comité sans me rendre compte que ma trajectoire devenait parallèle à la ligne et que je donnais ainsi à Adésias la possibilité de la couper sept petites secondes avant nous! Nous finissons quatrième et cinquième en temps réel mais premier et second en temps compensé.

Le résultat officiel est: 6hbormes resultats complets 6hbormes michelAdesias a fait les 14 milles en 4h23mn24s. Le plus rapide en temps réel, 33 minutes devant, est un Mat 1010, Flower Power, qui se classe toujours très bien dans les régates IRC de la région mais ne prend que la cinquième place en temps compensé. Le First 35 GTE Chocolat qui fini environ 17 minutes avant nous en temps réel mais moins de 3 minutes derrière nous en temps compensé prend la troisième place en temps compensé. L’Aphrodite 101 Wotan est troisième en temps réel et quatrième en temps compensé.

Je savais que dans le petit temps, la légèreté de nos Open 500 nous permettait d’envisager de bons résultats grâce à un rating HN favorable dans ces conditions. Mes erreurs de préparation et notre vitesse relativement plus faible qu’Adésias auraient dû nous enlever tout espoir après un départ désastreux mais être derrière par petit temps a quelques avantages si on arrive à lire les informations sur le plan d’eau que nous donnent les bateaux devant. Nous sommes bien remontés mais nous n’avons malheureusement pas réussi à rester proprement concentrés jusqu’au bout.

Une régate splendide vers une partie des iles d’Or que je n’avais encore pas parcouru à la voile et une deuxième place à la clé, quelle belle journée!

Bauduen, score parfait ..

    2015-10-10 16-23-44_AW120_0460_Bambaras_resizeÉtienne et Guillaume

Tout d’abord, levons vite le suspense. A l’arrivée sur la cale publique de mise à l’eau du petit village de Bauduen sur le lac de Ste Croix et pendant les préparations et le matage des Open 500 j’ai entendu cette question: « alors, Jaffar va-t-il réussir son score parfait? » Eh bien oui, j’ai réussi un score parfait à Bauduen avec l’aide et la complicité de mon co-skipper Thomas. J’ai aussi pour la première fois participé à un « festival » Open 500 et découvert de l’intérieur le fonctionnement d’une classe monotype, disons atypique, avant d’acheter éventuellement le canot correspondant.

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L’attente

Appuyons maintenant sur le bouton d’avancée rapide et arrêtons-nous sur le début de la première course de la deuxième journée, un parcours dit « banane » simple (deux tours entre une bouée au vent sans sa bouée de dégagement et une bouée sous le vent). Contrairement au premier jour, le vent a été inexistant jusqu’au début de l’après-midi où tout le monde anticipait la levée d’un vent thermique. Après une longue attente sur l’eau la procédure de la première régate de la journée est lancée dans le petit vent. Thomas est à la barre de Pytheas et je place mon ballast aussi bien que possible tout en tirant les ficelles du foc. Contrairement à la veille, je ne m’embrouille pas les pédales avec ma montre de régate que je n’utilise pas en dehors de ces occasions car elle a quelques petits défauts dans la vie quotidienne. La veille on avait décidé de faire un départ au milieu de la ligne mais aujourd’hui Thomas essaye d’abord de se placer pour un départ au bateau comité. Mais surprise, surprise, tout le monde veut faire la même chose! Il y a même foule dans la zone dangereuse au vent de la layline du bateau comité. Les bateaux qui sont à l’intérieur sont gazés par tous les bateaux extérieurs, illégaux mais plus véloces, et qui essayent de forcer le passage juste derrière le bateau comité. On arrive à échapper à cette partie de bateau-tamponneur en abattant en dessous du paquet et on fait un départ décent vers le milieu de la ligne.

safe leeward position dell07
One strong tactical move is to set up in a so-called “safe leeward position” (Boat L). When you are just to leeward and ahead of another boat (W), you will be sailing in a slight lift as the wind bends around W’s sailplan. At the same time, W will have a header coming off your sails, so you will soon pull ahead. You normally get into this position by approaching on port tack and then tacking. However, you must be at least bow to bow with the other boat as you converge in order to make this work. Make sure you don’t tack too close to W of you will break rule 13 (Changing Tacks). Also, don’t tack too far away from W or you won’t slow them and they will then pin you from tacking. Once you tack into a leebow position, work hard at pointing high and squeezing to windward so you force the other boat to tack away quickly. This is essential in order to regain the strategic option to tack whenever you want.

On vire de bord au bout d’un moment et dans le voisinage de la layline on rencontre Adesias qui a priorité tribord amures. On était devant mais le croisement n’était pas possible, de peu mais pas possible quand même. Il fallait soit virer de bord soit abattre pour passer derrière en prenant de la vitesse. Personnellement je donne souvent la préférence à cette deuxième solution car elle est moins risquée vis-à-vis de la layline bien qu’abandonnant un éventuel positionnement à l’intérieur au virement de la bouée. Mais Thomas choisi de virer de bord avant le croisement pour prendre la position favorable sous le vent (safe leeward position). A-t-il viré de bord trop tard? A-t-il ensuite lofé trop tôt avant d’avoir repris une route au plus près? J’étais assis sur la bosse centrale du cockpit, le dos à l’action, et je ne suis pas sûr. Dans ces deux cas nous aurions commis une infraction à la règle 13. Mais dans tous les cas Adesias n’a pas répondu au lof en lofant à son tour et les bateaux sont entrés en contact à faible vitesse. Que nous ayons été fautifs ou non, Adesias n’a pas appliqué la règle 14 qui lui demande d’éviter le contact.

Ce genre de situation est très difficile à juger pour un jury de course et en général le bateau qui vire a de la difficulté à démontrer qu’il a viré à temps et est jugé coupable plus souvent que nécessaire. Il vaut mieux donc bien séparer le lof du virement qui l’a précédé et avertir verbalement à la fois son propre équipier et l’autre barreur que l’on s’apprête à lofer. Mais la classe ne permet pas les réclamations qu’elle remplace par une tournée au bar après la course. Il y a certainement eu d’autres situations serrées entre autres bateaux au départ ou à la première bouée au vent car nous avons entendu quelques éclats de voix mais personne n’a fait de tours de pénalité pour s’exonérer. Thomas m’a dit que du temps ou il possédait un Open 500 il avait constaté la même chose avant d’arrêter simplement lui aussi de considérer faire des tours de pénalité. Michel est d’ailleurs venu nous voir en fin de journée sur le parking à bateau pour discuter de qui devrait payer les bières mais comme il était pressé de partir vers Toulon le soir même, l’échange s’est vite arrêté.

Je constate donc un manque de rigueur dans les régates de ce festival Open 500. Si un règlement quelconque ne prévoit aucune sanction, il n’y a que ceux qui l’appliquent à la lettre qui en pâtissent. Les autres qui n’hésitent pas à prendre des raccourcis osés ont le champ libre. Si on n’a pas peur de certaines conséquences, la qualité de la course ne peut que diminuer. La classe avait la bonne intention de favoriser la navigation en gentleman et c’est l’effet inverse et pervers qui est obtenu. L’enfer est pavé de bonnes intentions, n’est-ce pas! J’en ai parlé à quelques uns des meilleurs sur l’eau et ils sont d’accord avec moi sur ce point. Mais je comprends aussi maintenant un peu mieux pourquoi on n’a jamais eu aucun avis de course, aucune instruction de course, ni sur internet, ni affiché au club organisateur ni distribué aux concurrents. En fait je comprend que l’AS Open 500 n’est même pas inscrite à la FFVoile. J’ai aussi compris que la raison de la non mise à jour de la page web de l’AS Open 500 est que son administrateur a vendu son bateau et quitté l’association. Ce point est pour moi à classer dans la colonne négative dans ma considération de l’achat éventuel d’un Open 500. Je n’ai pas de jugement de valeur sur ce que fait ou ne fait pas la classe et visiblement cette constatation ne gène pas ceux à qui j’ai parlé autant qu’elle me gène personnellement.

L’autre point négatif est la situation de la production des voiles. J’avais demandé un devis pour un jeux complet de voiles à Hobie Shop à Hyères dans l’éventualité d’un achat d’un Open 500 d’occasion avec ses voiles d’origine à changer. La seule couleur disponible pour le spi était le noir et cela m’a arrêté net car il n’est pas question pour moi d’acheter un spi noir! Quelle horreur! Bernard m’avait bien dit qu’il y avait un changement de fournisseur de voile et des problèmes avec la nouvelle fourniture. Cela a été confirmé par mes discussions à Bauduen. En fait Pytheas, le bateau avec lequel Thomas et moi avons couru est l’ancien bateau de Michel et François qu’ils ont vendu pour acheter un bateau avec des voiles en meilleur état. Yves, le nouveau propriétaire nous l’a prêté à Thomas et à moi pour Bauduen et est forcé de continuer à régater avec des voiles pourries tant que sa commande d’un nouveau jeux de voiles n’est pas honorée. Les propriétaires de l’Open 500 en fait ont l’air de bien supporter une telle situation. Je n’ai pas trouvé en ligne de statuts de l’association des propriétaires de l’Open 500 mais je suis sûr qu’ils ont le pouvoir légal de faire les changements nécessaires pour retirer à Hobie, le successeur de Phileas Boats, le monopole de la fourniture des voiles. De toutes manière j’ai compris que la classe faisait déjà des commandes groupées. Alors pourquoi ne pas essayer d’avoir de meilleures voiles avec un meilleur service et à un meilleur prix? Il doit certainement y avoir une bonne raison.

La deuxième course de la journée se passe avec moins de vent. Le vent est très variable en force, en direction et selon la zone du plan d’eau, mais il y a en moyenne un affaiblissement. Le président du comité de course, président du SRVB le club organisateur envoie le zodiac déplacer la marque au vent de 20-30° vers la droite puis au moment ou le zodiac arrive sur place, lui demande de ne rien toucher car le vent est revenu. Il lance ensuite la procédure de départ. Nous faisons un moins bon départ que le précédent. Le président a visiblement mal lu les oscillations du vent car toute la flotte est désormais capable de mettre le cap directement sur la bouée , le vent ayant viré très nettement à droite. C’est devenu une drag race, course de vitesse pure.  La flotte est bien groupée loin devant nous et nous sommes tous seuls loin derrière. Le président demande par VHF au zodiac de hisser le pavillon de réduction de parcours. Nous étions encore loin de la bouée mais le paquet devant nous y était déjà. Le premier spi rouge que nous voyons se dirige maintenant directement vers la zone de la cale de mise à l’eau au lieu de revenir vers le bateau comité. 2015-10 RésultatsCe bateau est sans doute revenu pour terminer au bateau comité avant nous car nous avons officiellement terminé dixièmes et derniers pour la troisième fois consécutive. Le score parfait 10-10-10 ! Et on n’a même pas reçu de prix de consolation à la remise des prix!

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Thomas

Plus tard, Étienne m’a dit avoir remarqué qu’on se trainait sur l’eau et m’a demandé pourquoi, alors que Thomas et moi même ne sommes pas des débutants. Thomas est moniteur de voile de profession, a l’expérience d’une très grande variété de bateaux et a l’expérience de l’Open 500 en tant que propriétaire. Je ne peux que spéculer sur la conjonction de plusieurs facteurs. Tout d’abord les voiles. J’en ai déjà parlé et mon expérience dans la classe du J105 aux USA est qu’en régates monotypes où les différences matérielles entre bateaux sont réduites au minimum, il y avait une bonne corrélation statistique entre le groupe de ceux qui avaient les meilleures voiles et celui de ceux qui avaient les meilleurs résultats. Dans la classe américaine du J105, chacun était libre de choisir son maitre-voilier mais la GV devait obligatoirement être en Dacron, le foc en Pentex et le spi en Nylon et il y avait des périodes minimum strictes de renouvellement des voiles (comptée en mois de 12 à 36 selon la voile. A cette époque un maitre-voilier, Ullman Sails s’est mis à produire des voiles nettement supérieures et ceux qui se fournissaient chez d’autres voiliers comme ceux qui essayaient de faire durer leurs voiles un peu plus longtemps que le minimum s’imposaient un handicap certain. Certains programmaient l’achat de nouvelles voiles pour coïncider avec l’événement le plus important de la saison où une voile neuve a un avantage sur une voile en fin de période.

En deuxième je placerais une erreur de notre part de ne pas re-tensionner les lattes de GV pour avoir dans le petit temps des voiles plus creuses que la veille où il y avait bien plus de vent. Je me suis rendu compte que notre GV était bien plate par rapport aux autres. Mais il faut dire que lors de ma première course en solo sur l’Open 500 j’avais fait l’erreur inverse de trop tensionner la latte du haut qui a refusé d’inverser sa courbure avec les virements de bord malgré tout ce que j’ai bien pu faire sans avoir à affaler la GV. Donc cette fois-ci j’ai compensé dans l’autre sens.

2015-10-10 17-52-01_AW120_0461_leak_h1200Ensuite, il faut dire que notre équipage devait avoisiner les 180 kg, ce qui n’est pas une bonne chose dans la pétole du deuxième jour. Puis, le bateau était plutôt mou au près, sans doute à cause d’une quête de mât insuffisante et d’un guignol trop détendu. Enfin finalement la coque de Pytheas prend de l’eau et le fait de laisser le bateau au mouillage la nuit nous a conduit a enlever plusieurs litres de carène liquide à la mise du bateau sur sa remorque en fin de festival. Le fait que Thomas et moi-même formions équipe pour la toute première fois sans s’être jamais entrainés ensemble a peut-être aussi joué mais marginalement car nous avons été sur la même longueur d’onde dès le début.

Il faut quand même revenir un peu en arrière sur la première journée avant de parler des activités à terre. Michel avait magistralement organisé une préparation collective des bateaux le samedi précédent et avant de démâter il fallait changer deux essieux de remorque sur trois. L’essieu de la remorque de l’Open 500 ne dure pas longtemps malgré les rinçages minutieux à l’eau douce après utilisation car il n’est pas étanche. Il a fallu couper les boulons à la disqueuse et les remplacer, mais c’était prévu. Départ donc de Toulon en convoi vendredi matin. A l’arrivée à Bauduen il y a une entre-aide immédiate pour le matage et surtout un effort collectif pour la mise à l’eau à partir d’une cale longue et pentue. C’est un point positif formidable pour la classe et qui donnera le ton sur tout le festival.

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Le parcours de vendredi

Coté régate, il n’y a pas d’instructions de course écrites mis à part un schéma du parcours côtier. Le président du comité et du club nous explique bien qu’il y aura une bouée de dégagement dans l’axe du vent après le départ et qu’il faudra la laisser à bâbord alors que toutes les autres bouées seront à laisser à tribord. Nous n’étions que deux ou trois devant lui lorsqu’il nous explique, dessin à l’appui (ci-contre), que laisser la bouée de dégagement à bâbord implique de tourner de 270° autour de cette bouée pour aller ensuite dans la bonne direction. Je n’avais jamais entendu parler d’une telle disposition, mais n’ayant pas encore toutes les données je me suis dit qu’il devait y avoir une bonne raison pour cela. En fait il n’y en a pas. Je pense personnellement que faire faire un 270° obligatoire autour d’une bouée est le meilleur moyen de créer un embouteillage artificiel sur l’eau. Toutes les bouées étaient mouillées relativement près du rivage, sans doute pour ne pas avoir à utiliser une longue ligne de mouillage. L’idée d’une bouée de dégagement après un départ est de rendre à peu près équitable tous les points de la ligne de départ et d’éviter un embouteillage soit au bateau comité soit à la bouée de départ si la ligne n’est pas équitable. Le rôle de la bouée de dégagement n’est pas de remplacer un embouteillage potentiel sur la ligne de départ par un embouteillage certain à la bouée.

Ce qui devait se passer arriva. Les premiers à la bouée de dégagement l’ont laissée à tribord, les suivants ont hésité puis quelques bateaux, dont nous, l’ont laissée à bâbord. J’étais à la barre et je me suis dit qu’une bonne moitié de la flotte allait être disqualifiée puisque je n’ai vu personne faire des tours de pénalité (en fait, je ne suis pas sûr que l’on puisse s’exonérer d’avoir viré une marque du mauvais coté avec des tours de pénalité). Mais je n’avais pas encore compris l’esprit ludique de la classe qui ne porte pas beaucoup d’attention à de banales erreurs de parcours par rapport à des instructions de course purement verbales.

Cette première régate a été dure pour moi car le vent très variable en force, en direction et selon les endroits sur l’eau, s’est rapidement mis à souffler avec des rafales croissantes jusqu’à 15-16 nd avant de décroitre plus tard sur notre parcours côtier. Je n’avais aucune expérience de ce type de vent sur l’Open 500 et j’étais anxieux. Je n’avais encore jamais navigué avec Thomas et nous nous mettons d’accord pour alterner les positions. Thomas me propose de s’occuper de toutes les manœuvres de voile le premier jour. Sachant que je suis moins agile et moins efficace au rappel que lui, j’accepte.

On décide de faire un départ au milieu de la ligne pour éviter la foule qui se trouvera sans doute au bateau comité. Le problème est que je m’embrouille les pédales avec ma montre régate à laquelle je dois consacrer trop d’attention. On fait un départ décent mais on assiste un peu ahuris au passage de la bouée dans tous les sens par les bateaux qui nous précèdent. Dans les discussions à terre qui suivront j’ai même appris qu’un bateau a décidé de passer la bouée une fois à tribord puis un deuxième fois à bâbord pour être sûrs de ne pas être disqualifiés.

Quand on hisse le spi pour la première fois et que tout se passe bien mon niveau d’anxiété diminue d’un cran et je commence à mieux me sentir, moins stressé. On discute ce que l’on voit sur l’eau et on décide d’éviter si possible de rester trop prés des rivages qui paraissent avoir des vents plus irréguliers. C’est une stratégie que l’on suivra jusqu’au bout et ce n’est que trop tard que l’on comprendra qu’elle était mauvaise. On a eu jusqu’à cinq bateaux derrière nous et tout le monde, devant et derrière, essayaient de coller aux côtes. On aurait dû défendre notre place en suivant les leaders au lieu d’essayer de les passer en augmentant les séparations latérales et en recherchant un vent différent. Je savais que statistiquement, prendre des options bien différentes des leaders avaient des probabilités de succès bien inférieures à essayer de suivre ces leaders et de se concentrer à minimiser ses propres fautes. Ce même scénario se reproduira en plusieurs passages de bouées ou de passages difficiles. Le vent faiblira un peu tout en devenant plus irrégulier et avec de grandes zones molles. Un à un les bateaux qui étaient derrière nous nous passent, les deux derniers à un quart de mille de la ligne d’arrivée, toujours en collant à la côte dans un vent plus irrégulier mais plus fort que celui dans lequel nous étions, un peu plus au large. Je pense aussi maintenant que le vent a proximité immédiate de la côte devait sans doute aussi avoir une direction plus favorable.

On termine dernier mais nous sommes sûr de n’avoir pas pris de bouée dans le mauvais sens. Si ceux qui ont pris la bouée de dégagement dans le mauvais sens avaient appliqué le règlement de l’ASOpen à la lettre, ils auraient dû dépenser une fortune en tournées de bières.

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Michel

Les repas du soir ont été joyeux et festifs et visiblement le groupe était content de se retrouver. Il y avait une tombola sans aucun perdant, des prix divers et ce qui a eu un grand succès, une vente d’articles avec les logos de la classe. La nourriture au petit déjeuner et au déjeuner (à emporter) était minimale mais aux diners elle était excellente, toujours bien arrosée et complémentée par de bonnes bouteilles spécialement apportées par les uns et les autres. Les boute-en-trains boute-en-trainaient et les taquineries gentilles fusaient. On a même eu par moment des discussions plus profondes sur des sujets liés à notre sport favori. Je ne regarde plus la télé ni les grands événements sportifs depuis un certain temps mais j’ai apprécié regarder le match de rugby Nouvelle Zélande – Tonga dans cette ambiance de camaraderie.

Samedi matin nous savions tous que le vent ne se lèverait pas avant le début de l’après-midi. Une épique partie de pétanque à dix s’est déclenchée presque spontanément sans cochonnet, avec des boules dépareillées sur le parking en terre battue plein de cailloux du centre de vacance qui nous accueillait. Les pointeurs pointaient et les tireurs tiraient. Ma voiture était en proximité immédiate mais heureusement chaque fois qu’un tireur se mettait en position, il y avait une personne prévoyante pour aller faire le goal keeper soit du coté de ma voiture soit du coté de la route.

Ah oui, j’allais oublier les joutes nautiques qui se sont déroulées pendant l’attente interminable du vent en début d’après-midi le deuxième jour. Il y a eu des abordages et des mises à l’eau et on déplore la mort cérébrale d’un pauvre smartphone qui était simplement au mauvais endroit au mauvais moment.

Comme Yak Deplass l’a dit sur le forum, le festival sentait bon la Provence sauvage ..