Comment marche une carène large (2/2)

Suite à Comment marche une carène large (1/2), voici l’explication historique donnée par le groupe Finot-Conq (Pourquoi les voiliers modernes ont l’arrière large ?):

Lorsque le bateau gîte, le centre de carène de la maîtresse section s’excentre plus dans le cas de la section plus plate. Si on prolonge la carène du milieu vers l’arrière de façon à ce que l’eau qui s’écoule ait un minimum de déplacement latéral (minimum d’énergie dépensée), on obtient la forme suivante pour le tableau:

arriere_large_a2b2
À partir d’une maîtresse section large et plate b2, on obtient un tableau encore plus large et plus plat a2

Le tableau découle donc de la maîtresse section. Cela conduit à avoir des bateaux plus stables, capables de porter plus de toile dans la brise au près et au largue. Dans le petit temps clapoteux, c’est un handicap d’être large et plat en particulier devant et derrière. Par contre cela est compensé par une plus grande surface de voilure, dû à la grande stabilité.

C’est une évolution valable pour un voilier offshore. Cela peut être un handicap pour les bateaux inshore qui courent en baie clapoteuse avec du vent faible.

Comment marche une carène large (1/2)

La Sailing Yacht Research Foundation (SYRF) a publié les résultats de son projet Wide-Light Project qu’elle a mis dans le domaine public. Je me contente ici d’en extraire des photos et de les commenter.

Wolfson_Wide_Light_tank_runVoici ci-dessus la maquette testée en bassin de carène. Elle fait 4,88 x 1,28 m, a une quille de 1,28 m et pèse 215 kg. C’est impressionnant! Elle fait presque la longueur d’un Open 5,00 mais est un peu plus légère et bien plus étroite. C’est la modélisation d’un voilier du genre super-maxi de la course Sydney Hobart ci-dessous.

wide-light modelUn exemple pourrait être Commanche:

ComancheOu Robertissima III:

robertos-1024x682Observons maintenant une visualisation de résultats de test:

test carene largeOn y voit en rouge la surface mouillée et on comprend pourquoi ces bateaux larges mais légers ne présentent en réalité qu’une surface mouillée réduite dès que le bateau gîte.

Trois derniers commentaires.

  • La direction de la trajectoire suivie fait un angle par rapport à l’axe de symétrie du bateau.
  • Donc il faut tenir compte de cela dans la conception du ou des plans anti-dérive (et c’est pourquoi souvent ces plans anti-dérive sont séparés du voile de la quille).
  • Finalement, le bras de levier de l’équipage au rappel (ou du matériel matossé) est augmenté par cette conception en coin avec un maître-bau très proche de l’arrière du bateau.